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Puce Grande Bretagne : succès attendu pour le voyage du pape
30 juillet 2010 - par Antoine Besson
Chargé par le Premier ministre britannique d’organiser le voyage de Benoît XVI en Grande Bretagne sur invitation de la Reine Elisabeth II, du 16 au 19 septembre prochains, Lord Christopher Patten annonce déjà « un succès incroyable ». De son côté, Mgr Summersgill, coordinateur de cette visite, y voit un « moment d’affirmation » pour l’Eglise d’Angleterre.

« Je suis absolument certain que tous les préparatifs entamés par le gouvernement, les gouvernements locaux, les conférences épiscopales d’Ecosse et d’Angleterre, feront de la visite du pape un succès incroyable », a affirmé le lord anglais au micro de Radio Vatican.

La difficulté réside surtout dans le fait de « concilier les aspects typiques d’une visite d’État et ceux d’une visite pastorale ». Selon Lord Patten, organiser la visite de Barack Obama aurait été plus simple, ce dernier ne demandant pas à rencontrer les foules. Il estime cependant toutes les difficultés surmontées et le programme « vraiment intéressant ».

Du côté de l’État, on espère que cette rencontre « permettra non seulement à la communauté catholique de se sentir très proche du pape au cours des événements de type pastoral », mais qu’elle « fournira aussi l’occasion de montrer que le gouvernement d’un pays à majorité non catholique possède un agenda extrêmement vaste de possibilités de collaboration avec l’Église catholique ». Pour Londres, les questions d’intérêt commun sont par exemple le développement durable, les changements climatiques, le désarmement, les relations interreligieuses.

Mgr Vincent Nichols, archevêque de Westminster, voit pour sa part dans la visite une espérance pour tous. Le coordinateur de la visite du pape, Mgr Andrew Summersgill, se réjouit de « l’espoir que notre société prendra conscience avec la visite du pape Benoît que nous pouvons arriver à comprendre que la foi est un don à redécouvrir plutôt qu’un problème à régler ».

Un optimisme qui répond aux critiques

Mgr Summersgill est toutefois conscient des difficultés :

« Il y a des gens qui remettent en cause le fait même de la visite du Saint-Père, et d’autres qui contestent spécifiquement le fait de donner à cette visite le statut de visite d’État - le plus haut rang protocolaire réservé à un visiteur au Royaume Uni. Il y a aussi ceux qui réfutent fondamentalement certains éléments de l’enseignement de l’Eglise catholique et profitent de l’occasion pour faire entendre leurs objections. »

Mais il souligne également que « ces réactions contrastent avec l’esprit d’accueil et d’attente que l’on constate dans un large éventail de la société, et indéniablement au sein de l’Eglise catholique et des autres communautés chrétiennes. »

Les fortes critiques qui avaient accompagnées l’annonce de cette visite de Benoît XVI ne semblent pas préoccuper Lord Patten. Le gouvernement estime que ceux qui critiquent « représentent une petite minorité ». « Nous vivons dans une société libre [...] si les gens veulent protester de manière pacifique, ils ont le droit de le faire », a déclaré Lord Patten.

L’intolérance religieuse qui, selon lui, « s’adresse en particulier à l’Église catholique à cause de l’importance de celle-ci, de sa longévité et de l’assurance avec laquelle elle affirme certaines vérités fondamentales (que nous considérons être des vérités fondamentales) » n’est pas non plus un problème : « Cela ne me préoccupe pas outre mesure. Je crois que nous devons être cohérents et, quand nous faisons certaines affirmations, reconnaître que nous avons souvent été intolérants à notre tour dans le passé. »

Concernant coûts de la visite du pape qui, selon Lord Patten, serait estimée entre 10 et 12 millions à la charge des contribuables, il ajoute que « le sommet du G20 que nous avons accueilli l’an dernier et qui n’a duré qu’un seul jour, a coûté entre 19 et 20 millions », sachant « qu’aucun responsable du G20 n’est allé participer à une rencontre avec 80 ou 100.000 personnes ». Selon lui, les difficultés fiscales de la Grande Bretagne ne justifient pas une fermeture du pays au reste du monde, d’autant plus sur le plan spirituel, à propos duquel il cite l’écrivain Julian Barnes pour illustrer la situation de la grande Bretagne : « Je ne crois pas en Dieu mais il me manque ! »

Les médias mobilisés

Pour Mgr Summersgill, « la qualité de la couverture médiatique et sa diffusion sont des questions essentielles. Le Saint-Père sera vu et prendra la parole dans quelques sites instantanément reconnaissables dans le pays et dans le monde entier. Je crois que cela encouragera les gens à écouter les paroles du pape Benoît et à lire ce qu’il dira à l’ensemble de la société. »

Quant à la difficulté de faire passer le message du pape à travers des médias parfois plus intéressés par les détails superficiels, Lord Patten estime qu’il sera peut-être effectivement difficile de « faire passer le message que la foi n’est pas un problème, que la foi est pour beaucoup la manière dont ils font face aux défis de leur vie au XXIe siècle ».

En revanche, d’autres messages comme celui sur la justice sociale par exemple, devraient être plus facile à entendre étant donné « l’intérêt des générations plus jeunes pour les aspects de la justice sociale au niveau mondial ». « On ne sait pas, probablement, que 25% de l’instruction scolaire en Afrique sub-saharienne est fournie par l’Église, ou que 25% de l’assistance médicale en Afrique sub-saharienne est à la charge de l’Église et de groupes liés à l’Eglise », a-t-il dit. « Ces messages passeront clairement, justement grâce à la présence du Saint-Père au Royaume uni et à de nombreuses rencontres importantes qui auront lieu », a-t-il conclu. « Je ne suis en rien pessimiste ».

Mgr Summersgill quant à lui espère que les préparatifs de cette visite, et la visite elle-même, seront un moment où les catholiques retrouveront confiance en eux-mêmes et en leur place au sein de la société britannique :

« Pour maintes raisons qu’il n’est pas besoin de répéter ici, il n’a pas été facile ces dernières années d’être catholique dans nos régions, et je vois la visite du Saint-Père comme un moment d’affirmation. [...] Par une heureuse coïncidence, le dimanche de la visite du pape est traditionnellement chez nous le dimanche de la Mission, aussi tout s’agence parfaitement. »

[Source : Zenit]
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