Ordonner le profit économique au bien de tous
Commentant les lectures de la liturgie de ce dimanche, Benoît XVI a remarqué que « prévaut la logique du partage, et de la solidarité, il est possible de corriger la route et de l’orienter vers un développement équitable et durable ». « En racontant la parabole de l’intendant malhonnête, mais très astucieux, le Christ enseigne à ses disciples quelle est la meilleure façon d’utiliser l’argent et les richesses matérielles, c’est-à-dire de les partager avec les pauvres en se procurant ainsi leur amitié, en vue du Royaume des Cieux », disait Benoît XVI
Deux logiques
Mais le pape faisait aussi observer que « l’argent n’est pas “malhonnête” en soi, mais plus qu’aucune autre chose, il peut enfermer l’homme dans un égoïsme aveugle ». Le pape en appelait à une « conversion » des biens économiques : « Au lieu de les utiliser seulement pour l’intérêt personnel, disait-il, il convient de penser aux besoins des pauvres, en imitant le Christ lui-même ».
« À l’échelle mondiale, faisait observer Benoît XVI, deux logiques économiques s’affrontent : la logique du profit et celle de la distribution équitable des biens, qui ne sont pas en contradiction l’une avec l’autre, à condition que leur rapport soit bien ordonné. L’enseignement social catholique a toujours soutenu que la distribution des biens est prioritaire. Le profit est naturellement légitime, et dans une juste mesure, nécessaire au développement économique ».
Benoît XVI a alors cité un passage de l’encyclique Centesimus Annus de Jean-Paul II : "L’économie moderne de l’entreprise comporte des aspects positifs, dont la source est la liberté de la personne qui s’exprime dans le domaine économique comme en beaucoup d’autres" (CE, n. 32, Ndlr), précisant cependant que "le capitalisme n’est pas l’unique modèle valable d’organisation économique" (cf. CE, n. 35).
Benoît XVI a conclu avec le Magnificat : « Que la très sainte Vierge Marie qui proclame dans le Magnificat que le Seigneur “comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides’”, aide les chrétiens à user des biens terrestres avec une sagesse évangélique », concluait le pape.