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Puce Sydney, dans la lumière de l’Esprit
28 juillet 2008 - par Hélène Bodenez

Dans un monde désorienté qui cherche un sens à ses mutations, une voix invite à la « grande espérance » qui fait « découvrir la signification véritable du renouvellement ». Une voix qui crie dans le désert ? Pas si sûr. C’est la voix du pape des catholiques et de leurs frères humains de bonne volonté, devant la jeunesse du monde, dans la lointaine Australie.

Pour le père Federico Lombardi s.j., porte-parole du Saint-Siège, les JMJ de Sydney ont été « uniques » avec ses « moments très spéciaux » comme le chemin de croix dans la ville, et le silence impressionnant de l’adoration eucharistique des 250 000 jeunes, au cours de la veillée. Dans l’Espresso, le vaticaniste Sandro Magister évoque, lui, « la symphonie du “nouveau monde” de Benoît XVI », en proposant une sélection des propos les plus marquants du « pape théologien ».

À son arrivée le 17 juillet au Môle de Barangaroo, Benoît XVI plante le décor de la tragédie du monde moderne : « Lorsque Dieu est éclipsé, le sein maternel devient lui aussi un lieu de violence indicible. » Le lendemain, dans la crypte de la Saint Mary’s Cathedral, s’adressant aux autres confessions chrétiennes, le pape n’hésite pas à dire que le mouvement œcuménique a atteint un « point critique ». Aux représentants des autres religions, à rebours des amateurs de consensus autour du plus petit dénominateur commun, il affirme que « Jésus seul est l’Alpha et l’Oméga ». Jésus « seul ». On notera ce « seul », résonnant dans la salle capitulaire de la cathédrale.

Le 19 juillet, reprenant une expression de l’Évangile chère à Jean-Paul II, le Saint-Père enjoint évêques, prêtres, séminaristes et novices à être des « signes de contradiction ». Cela fait déjà trois jours que le pape donne lui-même l’exemple de cette contradiction avec l’esprit du monde, sans le souci de passer pour « audible ».

Incontestablement le sommet de ces JMJ restera la veillée sur l’hippodrome de Randwick avec la profonde catéchèse sur l’Esprit Saint, que le pape prononce le soir même, « l’un des plus beaux textes du pontificat », selon l’Osservatore Romano. S’attaquant à l’un des dogmes les plus difficiles, se réclamant de saint Augustin, nouveau saint Paul évangélisant à frais nouveaux de modernes Gentils, le pape enseigne la Trinité, le Dieu des chrétiens, ce Dieu qui « est avec nous dans la réalité de la vie et non dans notre imaginaire ! Affronter la réalité, et non la fuir, c’est ce que nous voulons ! Pour cela, l’Esprit Saint avec délicatesse, mais aussi avec fermeté, nous attire vers ce qui est réel, vers ce qui est durable, vers ce qui est vrai ».

Témoignant de sa propre expérience familiale, le pape se souvient :

« C’est l’Esprit qui nous ramène à la communion avec la Sainte Trinité. Et cependant quand j’étais encore un petit garçon, mes parents, comme les vôtres, m’ont enseigné le signe de la Croix. J’ai ainsi très tôt compris qu’il y a un Dieu en trois Personnes et que la Trinité est au centre de la foi et de la vie chrétienne. Quand j’ai cru au point d’avoir une certaine compréhension de Dieu le Père et de Dieu le Fils - leurs noms parlaient déjà d’eux-mêmes -, ma compréhension de la troisième Personne de la Trinité restait faible. C’est pourquoi, comme jeune prêtre chargé d’enseigner la théologie, j’ai décidé d’étudier les grands témoins de l’Esprit dans l’histoire de l’Église. C’est en parcourant cet itinéraire que je me suis retrouvé à lire, entre autres, le grand saint Augustin. »

À Sydney, le dialogue entre les civilisations est en marche. Affectueux et doux, le vicaire du Christ appelle et interpelle ses auditeurs « amis » : « Amis, acceptez-vous d’être introduits dans la vie trinitaire de Dieu ? Acceptez-vous d’être introduits dans sa communion d’amour ? »

Le lendemain dimanche, l’homélie du pape creusera encore le mystère de l’Esprit-Saint, thème de ces JMJ, qui engage toute la vie missionnaire de l’Église : l’Esprit est « pouvoir de la vie de Dieu », « force » unitive, « puissance » qui « oriente vers l’avenir » et inaugure une « nouvelle ère ». Mais pour renouveler le monde et l’Église sous la motion de l’Esprit Saint, il faut des « oui », comme celui de Marie en qui l’Esprit-Saint s’engouffre, « un oui qui change l’histoire ». Les âmes mariales attirent l’Esprit-Saint.

Une mystique française stigmatisée, Marthe Robin, avait la première parlé d’une « Pentecôte d’amour », à propos de la « nouvelle Pentecôte » prophétisée par Jean XXIII à l’ouverture du concile. À écouter Benoît XVI à Sydney appelant les jeunes à être « les prophètes de cette nouvelle ère », on ne la croirait plus si lointaine. Et si la France, terre mariale, avait un rôle particulier à jouer dans cette Pentecôte-là ? Prochaine étape du Saint-Père : la France, précisément.

Source : Libertépolitique.com
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