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	<title>Génération Benoit XVI</title>
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	<language>fr</language>

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		<title>Génération Benoit XVI</title>
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		<title>« Bioéthique et loi naturelle. » Discours à l'Académie pontificale pour la vie</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Bioethique-et-loi-naturelle.html</link>
		<date>2010-02-16 12:12:41</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton581.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;340&quot; height=&quot;375&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Chers frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,&lt;br&gt;
Illustres membres de l'Académie pontificale pour la vie,&lt;br&gt; Mesdames et messieurs, &lt;bR&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis heureux de vous accueillir et de vous saluer cordialement à l'occasion de l'Assemblée plénière de l'Académie pontificale pour la vie, appelée à réfléchir sur des thèmes concernant le rapport entre bioéthique et loi naturelle, qui apparaissent toujours plus importants dans le contexte actuel du fait des constants développements dans ce domaine scientifique. J'adresse une salutation particulière à Mgr Rino Fisichella, président de cette académie, et je le remercie pour les aimables paroles qu'il m'a adressée au nom de tous. Je désire également étendre mes remerciements personnels à chacun de vous pour votre engagement précieux et irremplaçable en faveur de la vie, dans les différents milieux d'où vous venez.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La question anthropologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les problématiques qui tournent autour du thème de la bioéthique permettent de vérifier à quel point les questions sous-jacentes mettent au premier plan la question anthropologique. Comme je l'affirme dans ma dernière lettre encyclique, Caritas in veritate : « Un domaine primordial et crucial de l'affrontement culturel entre la technique considérée comme un absolu et la responsabilité morale de l'homme est aujourd'hui celui de la bioéthique, où se joue de manière radicale la possibilité même d'un développement humain intégral. Il s'agit d'un domaine particulièrement délicat et décisif, où émerge avec une force dramatique la question fondamentale de savoir si l'homme s'est produit lui-même ou s'il dépend de Dieu. Les découvertes scientifiques en ce domaine et les possibilités d'intervention technique semblent tellement avancées qu'elles imposent de choisir entre deux types de rationalité, celle de la raison ouverte à la transcendance et celle d'une raison close dans l'immanence technologique » (n. 74).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Devant de telles questions, qui touchent de façon si décisive la vie humaine dans sa tension permanente entre immanence et transcendance, et qui ont une grande importance pour la culture des générations à venir, il est nécessaire de mettre en &#339;uvre un projet pédagogique intégral, qui permette d'affronter de telles thématiques dans une vision positive, équilibrée et constructive, surtout dans le rapport entre la foi et la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une lecture cohérente des questions éthiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les questions de bioéthique mettent souvent au premier plan le rappel de la dignité de la personne, un principe fondamental que la foi en Jésus-Christ crucifié et ressuscité a toujours défendu, surtout lorsqu'il est négligé quand il s'agit de sujets plus simples et sans défense : Dieu aime chaque être humain de façon unique et profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme toute discipline, la bioéthique aussi a besoin d'un rappel capable de garantir une lecture cohérente des questions éthiques, qui, inévitablement, sont soulevées par les conflits d'interprétation possibles. C'est dans cet espace que s'ouvre le rappel normatif à la loi morale naturelle. La reconnaissance de la dignité humaine, en effet, en tant que droit inaliénable, trouve son premier fondement dans cette loi - qui n'est pas écrite par la main de l'homme, mais est inscrite par le Créateur dans le c&#339;ur de l'homme -, que toutes les législations sont appelées à reconnaître comme inviolable et que toute personne est tenue de respecter et de promouvoir (cf. Catéchisme de l'Église catholique, n. 1954-1960).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans le principe fondamental de la dignité humaine, il serait très difficile de trouver une source des droits de la personne, et impossible d'arriver à un jugement éthique face aux conquêtes de la science qui interviennent directement sur la vie humaine. Il est par conséquent nécessaire de répéter avec fermeté qu'il n'existe pas de compréhension de la dignité humaine liée seulement à des éléments extérieurs comme le progrès de la science, la gradualité de la formation de la vie humaine, ou une pitié facile devant des situations limites.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque l'on invoque le respect de la dignité de la personne, il est fondamental qu'il soit complet, total, et sans contraintes, sauf celle de reconnaître que l'on se trouve toujours devant une vie humaine. Certes, la vie humaine connaît un développement propre, et l'horizon des recherches scientifiques et de la bioéthique est ouvert, mais il faut répéter que lorsqu'il s'agit de domaines relatifs à l'être humain, les scientifiques ne peuvent jamais penser qu'ils ont entre les mains seulement de la matière inanimée, et manipulable. En effet, dès le premier instant, la vie de l'homme est caractérisée par le fait d'être vie humaine, et pour cette raison, elle est toujours, partout et malgré tout, porteuse d'une dignité propre (cf. Congrégation. pour la doctrine de la foi, Instruction &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dignitas personae&lt;/i&gt;, sur certaines questions de bioéthique, n. 5). Sinon, nous serons toujours devant le danger d'une utilisation instrumentale de la science, avec cette inévitable conséquence de tomber facilement dans l'arbitraire, dans la discrimination, et dans l'intérêt économique du plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Loi naturelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Conjuguer bioéthique et loi morale naturelle permet de vérifier au mieux le rappel nécessaire et incontournable de la dignité que possède la vie humaine de façon intrinsèque, dès son premier instant jusqu'à sa fin naturelle. Au contraire, dans le contexte d'aujourd'hui, bien que le juste rappel des droits qui garantissent les droits de la personne émerge avec plus d'insistance, on remarque que de tels droits ne sont pas toujours reconnus à la vie humaine dans son développement naturel et pendant les stades où elle est plus faible. Une telle contradiction rend évident l'engagement à assumer dans les différents milieux de la société et de la culture afin que la vie humaine soit toujours reconnue comme un sujet inaliénable de droits et jamais comme un objet soumis à l'arbitraire du plus fort. L'histoire a montré combien dangereux et délétère peut être un État qui légifère que des questions qui touchent la personne et la société en prétendant être lui-même la source et le principe de l'éthique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans des principes universels qui permettent de vérifier un dénominateur commun pour toute l'humanité, le risque d'une dérive relativiste au niveau législatif ne doit absolument pas être sous-évalué (cf. Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 1959). La loi morale naturelle, forte de son caractère universel, permet de conjurer ce danger et surtout elle offre au législateur la garantie d'un respect authentique de la personne et de tout l'ordre de la création. Elle se pose en force catalysante du consensus entre des personnes de cultures et de religions différentes et elle permet de dépasser les différences parce qu'elle affirme l'existence d'un ordre imprimé dans la nature par le Créateur et reconnu comme une instance de vrai jugement éthique rationnel pour chercher le bien et éviter le mal. La loi morale naturelle « appartient au grand patrimoine de la sagesse humaine que la Révélation, par sa lumière, a contribué à purifier et à développer davantage » (cf. Jean-Paul II, Discours à l'assemblée plénière de la Congrégation pour la doctrine de la foi, 6 février 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Illustres membres de l'Académie pontificale pour la vie, dans le contexte actuel, votre engagement apparaît toujours plus délicat et difficile, mais la sensibilité croissante vis-à-vis de la vie humaine encourage à poursuivre avec un élan toujours plus grand et avec courage cet important service de la vie et de l'éducation aux valeurs évangéliques des générations futures. Je vous souhaite à tous de continuer l'étude et la recherche afin que l'&#339;uvre de promotion et de défense de la vie soit toujours plus efficace et féconde. Que vous accompagne ma Bénédiction apostolique, que j'étends avec plaisir à ceux qui partagent avec vous cet engagement quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Benedictus pp XVI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>S.S. Benoit XVI</author>
		<dc:date>2010-02-16T11:12:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S.S. Benoit XVI</dc:creator>
		

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		<title>« La justice de Dieu. » Message de carême 2010</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/La-justice-de-Dieu-Message-de.html</link>
		<date>2010-02-12 22:31:18</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton580.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;196&quot; height=&quot;218&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Chers frères et s&#339;urs,&lt;br&gt;Chaque année, à l'occasion du carême, l'Église nous invite à une révision de vie sincère à la lumière des enseignements évangéliques. Cette année j'aimerais vous proposer quelques réflexions sur un vaste sujet, celui de la justice, à partir de l'affirmation de saint Paul : « La justice de Dieu s'est manifestée moyennant la foi au Christ. » (Rm 3, 21-22)&lt;br&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;br&gt;&lt;/i&gt;Justice : « dare cuique suum »&lt;i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En un premier temps, je souhaite m'arrêter sur le sens du mot « justice » qui dans le langage commun revient à « donner à chacun ce qui lui est dû - dare cuique suum » selon la célèbre expression d'Ulpianus, juriste romain du III siècle. Toutefois cette définition courante ne précise pas en quoi consiste ce « suum » qu'il faut assurer à chacun. Or ce qui est essentiel pour l'homme ne peut être garanti par la loi. Pour qu'il puisse jouir d'une vie en plénitude il lui faut quelque chose de plus intime, de plus personnel et qui ne peut être accordé que gratuitement : nous pourrions dire qu'il s'agit pour l'homme de vivre de cet amour que Dieu seul peut lui communiquer, l'ayant créé à son image et à sa ressemblance. Certes les biens matériels sont utiles et nécessaires. D'ailleurs, Jésus lui-même a pris soin des malades, il a nourri les foules qui le suivaient et, sans aucun doute, il réprouve cette indifférence qui, aujourd'hui encore, condamne à mort des centaines de millions d'êtres humains faute de nourriture suffisante, d'eau et de soins. Cependant, la justice distributive ne rend pas à l'être humain tout ce qui lui est dû. L'homme a, en fait, essentiellement besoin de vivre de Dieu parce que ce qui lui est dû dépasse infiniment le pain. Saint Augustin observe à ce propos que « si la justice est la vertu qui rend à chacun ce qu'il lui est dû... alors il n'y a pas de justice humaine qui ôte l'homme au vrai Dieu » &lt;i&gt;(De Civitate Dei&lt;/i&gt; XIX, 21)&lt;br&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;br&gt;&lt;/i&gt;D'où vient l'injustice ?&lt;i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'évangéliste Marc nous transmet ces paroles de Jésus prononcées à son époque lors d'un débat sur ce qui est pur et ce qui est impur : « Il n'est rien d'extérieur à l'homme qui, pénétrant en lui, puisse le souiller... ce qui sort de l'homme voilà ce qui souille l'homme. Car c'est du dedans, du c&#339;ur des hommes que sortent les desseins pervers. » (Mc 7, 14-15 ; 20-21) Au-delà du problème immédiat de la nourriture, nous pouvons déceler dans la réaction des pharisiens une tentation permanente chez l'homme : celle de pointer l'origine du mal dans une cause extérieure. En y regardant de plus près, on constate que de nombreuses idéologies modernes véhiculent ce présupposé : puisque l'injustice vient du dehors, il suffit d'éliminer les causes extérieures qui empêchent l'accomplissement de la justice. Cette façon de penser, nous avertit Jésus, est naïve et aveugle. L'injustice, conséquence du mal, ne vient pas exclusivement de causes extérieures ; elle trouve son origine dans le c&#339;ur humain où l'on y découvre les fondements d'une mystérieuse complicité avec le mal. Le psalmiste le reconnaît douloureusement : « Vois dans la faute je suis né, dans le péché ma mère m'a conçu. » (Ps 51,7). Oui, l'homme est fragilisé par une blessure profonde qui diminue sa capacité à entrer en communion avec l'autre. Naturellement ouvert à la réciprocité libre de la communion, il découvre en lui une force de gravité étonnante qui l'amène à se replier sur lui-même, à s'affirmer au-dessus et en opposition aux autres : il s'agit de l'égoïsme, conséquence du péché originel. Adam et Eve ont été séduits par le mensonge du Satan. En s'emparant du fruit mystérieux, ils ont désobéi au commandement divin. Ils ont substitué une logique du soupçon et de la compétition à celle de la confiance en l'Amour, celle de l'accaparement anxieux et de l'autosuffisance à celle du recevoir et de l'attente confiante vis-à-vis de l'autre (cf. Gn 3, 1-6) de sorte qu'il en est résulté un sentiment d'inquiétude et d'insécurité. Comment l'homme peut-il se libérer de cette tendance égoïste et s'ouvrir à l'amour ?&lt;br&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;br&gt;&lt;/i&gt;Justice et Sedaqah&lt;i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au sein de la sagesse d'Israël, nous découvrons un lien profond entre la foi en ce Dieu qui « de la poussière relève le faible » (Ps 113,7) et la justice envers le prochain. Le mot sedaqah, qui désigne en hébreux la vertu de justice, exprime admirablement cette relation. Sedaqah signifie en effet l'acceptation totale de la volonté du Dieu d'Israël et la justice envers le prochain (cf. Ex 20,12-17), plus spécialement envers le pauvre, l'étranger, l'orphelin et la veuve (cf. Dt 10, 18-19). Ces deux propositions sont liées entre elles car, pour l'Israélite, donner au pauvre n'est que la réciprocité de ce que Dieu a fait pour lui : il s'est ému de la misère de son peuple. Ce n'est pas un hasard si le don de la Loi à Moïse, au Sinaï, a eu lieu après le passage de la Mer Rouge. En effet, l'écoute de la Loi suppose la foi en Dieu qui, le premier, a écouté les cris de son peuple et est descendu pour le libérer du pouvoir de l'Egypte ( cf. Ex 3,8). Dieu est attentif au cri de celui qui est dans la misère mais en retour demande à être écouté : il demande justice pour le pauvre (cf. Sir 4,4-5. 8-9), l'étranger (cf. Ex 22,20), l'esclave (cf. Dt 15, 12-18). Pour vivre de la justice, il est nécessaire de sortir de ce rêve qu'est l'autosuffisance, de ce profond repliement sur-soi qui génère l'injustice. En d'autres termes, il faut accepter un exode plus profond que celui que Dieu a réalisé avec Moïse, il faut une libération du c&#339;ur que la lettre de la Loi est impuissante à accomplir. Y a-t-il donc pour l'homme une espérance de justice ?&lt;br&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;br&gt;&lt;/i&gt;Le Christ, Justice de Dieu&lt;i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'annonce de la bonne nouvelle répond pleinement à la soif de justice de l'homme. L'apôtre saint Paul le souligne dans son Épître aux Romains : « Mais maintenant sans la Loi, la justice de Dieu s'est manifestée...par la foi en Jésus Christ à l'adresse de tous ceux qui croient. Car il n'y a pas de différence : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie par le Christ Jésus. Dieu l'a exposé instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi. » (3, 21-25)&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelle est donc la justice du Christ ? C'est avant tout une justice née de la grâce où l'homme n'est pas sauveur et ne guérit ni lui-même ni les autres. Le fait que l'expiation s'accomplisse dans « le sang » du Christ signifie que l'homme n'est pas délivré du poids de ses fautes par ses sacrifices, mais par le geste d'amour de Dieu qui a une dimension infinie, jusqu'à faire passer en lui la malédiction qui était réservée à l'homme pour lui rendre la bénédiction réservée à Dieu (cf. Gal 3, 13-14). Mais immédiatement pourrait-on objecter : de quel type de justice s'agit-il si le juste meurt pour le coupable et le coupable reçoit en retour la bénédiction qui revient au juste ? Est-ce que chacun ne reçoit-il pas le contraire de ce qu'il lui est dû ? En réalité, ici, la justice divine se montre profondément différente de la justice humaine. Dieu a payé pour nous, en son Fils, le prix du rachat, un prix vraiment exorbitant. Face à la justice de la Croix, l'homme peut se révolter car elle manifeste la dépendance de l'homme, sa dépendance vis-à-vis d'un autre pour être pleinement lui-même. Se convertir au Christ, croire à l'Évangile, implique d'abandonner vraiment l'illusion d'être autosuffisant, de découvrir et accepter sa propre indigence ainsi que celle des autres et de Dieu, enfin de découvrir la nécessité de son pardon et de son amitié.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On comprend alors que la foi ne soit pas du tout quelque chose de naturel, de facile et d'évident : il faut être humble pour accepter que quelqu'un d'autre me libère de mon moi et me donne gratuitement en échange son soi. Cela s'accomplit spécifiquement dans les sacrement de la réconciliation et de l'eucharistie. Grâce à l'action du Christ, nous pouvons entrer dans une justice « plus grande », celle de l'amour (cf. Rm 13, 8-10), la justice de celui qui, dans quelque situation que ce soit, s'estime davantage débiteur que créancier parce qu'il a reçu plus que ce qu'il ne pouvait espérer.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fort de cette expérience, le chrétien est invité à s'engager dans la construction de sociétés justes où tous reçoivent le nécessaire pour vivre selon leur dignité humaine et où la justice est vivifiée par l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chers frères et s&#339;urs, le temps du carême culmine dans le triduum pascal, au cours duquel cette année encore, nous célébrerons la justice divine, qui est plénitude de charité, de don et de salut. Que ce temps de pénitence soit pour chaque chrétien un temps de vraie conversion et d'intime connaissance du mystère du Christ venu accomplir toute justice. Formulant ces v&#339;ux, j'accorde à tous et de tout c&#339;ur ma bénédiction apostolique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cité du Vatican, le 30 octobre 2009&lt;br&gt;BENEDICTUS PP. XVI &lt;br&gt;&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>S.S. Benoit XVI</author>
		<dc:date>2010-02-12T21:31:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S.S. Benoit XVI</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>« Le prêtre et la pastorale dans le monde numérique. » Message pour la Journée mondiale des communications sociales</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Le-pretre-et-la-pastorale-dans-le.html</link>
		<date>2010-01-27 12:14:11</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton579.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;439&quot; height=&quot;300&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chers Frères et Soeurs,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le thème de la prochaine Journée Mondiale des Communications Sociales - &lt;i&gt;&quot;Le prêtre et la pastorale dans le monde numérique : les nouveaux médias au service de la Parole&quot;&lt;/i&gt; -, s'insère heureusement dans le parcours de l'année sacerdotale, et met au premier plan la réflexion sur un domaine pastoral vaste et délicat comme celui de la communication et du monde numérique, dans lequel sont offertes au prêtre de nouvelles possibilités d'exercer son ministère au service de la Parole et de la Parole. Les moyens modernes de communication font partie depuis fort longtemps des moyens ordinaires utilisés par les communautés ecclésiales pour s'exprimer dans les limites de leur propre territoire et pour instaurer, très souvent, des formes d'échange à plus large échelle, mais leur récente expansion et leur considérable influence en rende toujours plus importante et utile l'usage dans le ministère sacerdotal.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le devoir primordial du prêtre est d'annoncer le Christ, la Parole de Dieu faite chair, et de communiquer la grâce divine multiforme porteuse du salut à travers les sacrements. Convoquée par la Parole, l'Eglise se reconnaît comme signe et instrument de la communion que Dieu réalise avec l'homme et que chaque prêtre est appelé à édifier en Lui et avec Lui. C'est la très haute dignité et beauté de la mission sacerdotale dans laquelle se réalise de manière privilégiée l'affirmation de l'Apôtre Paul : &quot;En effet, l'Écriture dit : &lt;i&gt;... aucun de ceux qui croient en lui n'aura à le regretter.&lt;/i&gt; En effet, tous ceux qui invoqueront le nom du Seigneur seront sauvés. Or, comment invoquer le Seigneur sans avoir d'abord cru en lui ? Comment croire en lui sans avoir entendu sa parole ? Comment entendre sa parole ne si personne ne l'a proclamée ? Comment proclamer sans être envoyé ?&quot; (&lt;i&gt;Rm&lt;/i&gt; 10, 11,13-15).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Des réponses adaptées&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;Pour donner des réponses adaptées à ces questions au sein des grands changements culturels dont le monde des jeunes est particulièrement averti, les voies de communication ouvertes par les conquêtes technologiques sont désormais un moyen indispensable. En effet, le monde numérique, en mettant à disposition des moyens qui offrent une capacité d'expression presque illimitée, ouvre de considérables perspectives d'actualisations à l'exhortation Paulinienne : &quot;Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile !&quot; (1 &lt;i&gt;Co&lt;/i&gt; 9, 16). Avec leur diffusion, par conséquent, la responsabilité de l'annonce non seulement s'accroît, mais se fait plus pressante et réclame un engagement plus motivé et efficace. À cet égard, le prêtre se trouve comme au début d'une &quot;histoire nouvelle&quot;, parce que plus les technologies modernes créeront des relations étroites et plus le monde numérique élargira ses frontières, plus il sera appelé à s'en préoccuper pastoralement, accroissant son engagement, pour mettre les media au service de la Parole.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutefois, la multimédialité généralisée et la &quot;palette variée de fonctions&quot; de celle-ci peuvent comporter le risque d'une utilisation dictée principalement par la pure exigence de se rendre présent, et de considérer de façon erronée le web seulement comme un espace à occuper. Par contre il est demandé aux prêtres la capacité d'être présents dans le monde numérique dans la fidélité constante au message évangélique, pour exercer leur rôle d'animateurs de communautés s'exprimant désormais, toujours plus souvent, au milieu des &quot;voix&quot; provenant du monde numérique, et d'annoncer l'évangile en se servant, à coté des moyens traditionnels, de l'apport de la nouvelle génération des moyens audiovisuels (photos, vidéo, animations, &lt;i&gt;blog&lt;/i&gt;, sites &lt;i&gt;web&lt;/i&gt;) qui représentent des occasions inédites de dialogue et même des outils indispensables pour l'évangélisation et la catéchèse.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A travers les moyens modernes de communication, le prêtre pourra faire connaître la vie de l'Église et aider les hommes d'aujourd'hui à découvrir le visage du Christ, en conjuguant l'emploi opportun et compétent de tels instruments, acquis aussi durant la période de formation, au coté d'une solide préparation théologique et d'une forte spiritualité sacerdotale, alimentée par un dialogue continu avec le Seigneur. Plus que la main de l'opérateur de media, le prêtre dans l'impact avec le monde numérique doit faire transparaître son coeur de consacré, pour donner une âme non seulement à son engagement pastoral, mais aussi au flux de communication ininterrompu de la &quot;toile&quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Montrer Dieu vivant&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;Dans le monde numérique aussi, il doit apparaître que l'attention aimante de Dieu dans le Christ pour nous n'est pas une chose du passé ou encore une construction savante, mais une réalité concrète et actuelle. La pastorale dans le monde numérique, en effet, doit pouvoir montrer aux hommes de notre temps, et à l'humanité égarée d'aujourd'hui, &quot;que Dieu est proche ; que dans le Christ, nous appartenons tous les uns aux autres.&quot; (&lt;i&gt;Benoît XVI, Discours à la curie romaine pour la présentation des voeux de Noël : L'Osservatore Romano en français&lt;/i&gt;, 21 décembre 2009, p.8).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qui mieux qu'un homme de Dieu peut développer et mettre en pratique, à travers ses compétences dans le domaine des nouveaux moyens numériques, une pastorale qui montre Dieu vivant et agissant dans la réalité quotidienne et qui présente la sagesse religieuse du passé comme une richesse à laquelle puiser pour vivre dignement l'aujourd'hui et construire l'avenir avec justesse. La tâche de qui travaille en tant que personne consacrée dans les media est celui d'ouvrir la route à de nouvelles rencontres, en assurant toujours la qualité du contact humain et l'attention aux personnes ainsi qu'à leurs vrais besoins spirituels, en donnant aux hommes qui vivent notre temps &quot;numérique&quot; les signes nécessaires pour reconnaître le Seigneur ; en offrant l'opportunité de cultiver l'attente et l'espérance et d'appréhender la Parole de Dieu qui sauve et favorise le développement humain intégral. Celle-ci pourra ainsi &lt;i&gt;prendre le large&lt;/i&gt; au sein des innombrables carrefours créés par le réseau serré des autoroutes qui sillonnent le &lt;i&gt;cyberespace&lt;/i&gt; et affirmer le droit de citoyenneté de Dieu quelque soit l'époque, pour que, à travers les nouvelles formes de communication, Il puisse avancer le long des rues de la cité et s'arrêter sur le seuil des maisons et des coeurs pour dire encore : &quot;Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi&quot; (&lt;i&gt;Ap&lt;/i&gt; 3, 20).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le message de l'an passé, j'ai encouragé les responsables des entreprises de communication à promouvoir une culture du respect pour la dignité et la valeur de la personne humaine. Voila une des routes sur lesquelles l'Église est appelée à exercer une &quot;diaconie de la culture&quot; sur le &quot;continent numérique&quot; d'aujourd'hui. Avec l'Évangile dans les mains et dans le coeur, il convient de réaffirmer qu'il est temps aussi de continuer à préparer les chemins qui mènent à la Parole de Dieu, sans négliger de dédier une attention particulière à qui se trouve dans une situation de recherche, et plus encore de la tenir en éveil comme premier pas de l'évangélisation. En effet, une pastorale dans le monde numérique est appelée à tenir compte aussi de ceux qui ne croient pas, sont découragés et ont dans le coeur des désirs d'absolu et de vérité éphémères, puisque les nouveaux moyens permettent d'entrer en contact avec des croyants de toute religion, avec des non-croyants et des personnes appartenant à d'autres cultures. Comme le prophète Isaïe parvint à imaginer une maison de prière pour tous les peuples (cf. &lt;i&gt;Is&lt;/i&gt; 56.7), on peut supposer que - comme &quot;le parvis des gentils&quot; dans le Temple de Jérusalem - le &lt;i&gt;web&lt;/i&gt; puisse également ouvrir un espace à ceux pour qui Dieu est encore inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le développement des nouvelles technologies et, dans son ensemble, le monde numérique représentent une ressource précieuse pour toute l'humanité et pour l'homme dans la singularité de son être, de même qu'une stimulation pour la rencontre et le dialogue. Mais ils se présentent, aussi, aux croyants comme une grande opportunité. Aucune route, en effet, ne peut et ne doit être fermée à qui, au nom du Christ Ressuscité, s'engage à se faire toujours plus proche de l'homme. Les nouveaux médias, par conséquent, offrent avant tout aux prêtres des perspectives toujours nouvelles et pastoralement immenses, qui les poussent à mettre en valeur la dimension universelle de l'Église, pour une communion vaste et concrète, à être témoins, dans le monde d'aujourd'hui, de la vie toujours nouvelle qui naît de l'écoute de l'Évangile de Jésus, le Fils éternel venu parmi nous pour nous sauver. Il ne faut pas oublier, néanmoins, que la fécondité du ministère sacerdotal dérive avant tout du Christ rencontré et écouté dans la prière, annoncé dans la prédication et le témoignage de vie, connu, aimé et célébré dans les Sacrements, particulièrement de la Très Sainte Eucharistie et de la Réconciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;À vous très chers Prêtres, je renouvelle l'invitation à saisir avec sagesse les singulières opportunités offertes par la communication moderne. Que le Seigneur fasse de vous des hérauts passionnés de la Bonne Nouvelle également dans la nouvelle &quot;agora&quot; créée par les moyens actuels de communication.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec de tels voeux, j'invoque sur vous la protection de la Mère de Dieu et du Saint Curé d'Ars et avec affection j'accorde à chacun la Bénédiction Apostolique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du Vatican, le 24 janvier 2010, &lt;i&gt;en la fête de Saint François de Sales&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;BENEDICTUS PP. XVI&lt;/p&gt;</description>
		<author>S.S. Benoit XVI</author>
		<dc:date>2010-01-27T11:14:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S.S. Benoit XVI</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
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		<title>« Nos racines communes. » Discours à la Synagogue de Rome</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Nos-racines-communes-Discours-a-la.html</link>
		<date>2010-01-19 12:53:50</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton578.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;439&quot; height=&quot;292&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;« Merveilles que fit pour eux Yahvé ! Merveilles que fit pour nous Yahvé, nous étions dans la joie » (Ps 126) &lt;br&gt;« Voyez ! Qu'il est bon, qu'il est doux d'habiter en frères tous ensemble ! » (Ps 133)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur le grand rabbin de la communauté juive de Rome,&lt;br&gt;Monsieur le président de l'Union des communautés juives italiennes,&lt;br&gt;Monsieur le président de la communauté juive de Rome,&lt;br&gt;Messieurs les rabbins,&lt;br&gt;Eminentes autorités,&lt;br&gt;Chers amis et frères,&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au début de la rencontre dans le Grand Temple des juifs de Rome, les psaumes que nous avons écoutés nous suggèrent l'attitude spirituelle la plus authentique pour vivre ce moment de grâce particulier et joyeux : la louange au Seigneur, qui a fait de grandes choses pour nous, nous a ici rassemblés avec son &lt;i&gt;Hèsed&lt;/i&gt;, l'amour miséricordieux, et l'action de grâce pour nous avoir fait le don de nous retrouver ensemble pour rendre plus solides les liens qui nous unissent et continuer à parcourir la route de la réconciliation et de la fraternité. Je désire tout d'abord exprimer ma vive gratitude à vous, M. le grand rabbin Riccardo Di Segni, pour l'invitation que vous m'avez faite et pour les paroles chargées de sens que vous m'avez adressées. Je remercie ensuite les présidents de l'Union des communautés juives italiennes, M. Renzo Gattegna, et de la communauté juive de Rome, M. Riccardo Pacifici, pour les expressions courtoises qu'ils ont bien voulu m'adresser. Ma pensée va aux autorités et à toutes les personnes présentes et elle s'étend, de manière particulière, à la communauté juive romaine et à ceux qui ont collaboré pour rendre possible le moment de rencontre et d'amitié que nous sommes en train de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En venant pour la première fois parmi vous en tant que chrétien et en tant que Pape, il y a presque vingt-quatre ans, mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, voulut offrir une contribution décisive au renforcement des bonnes relations entre nos communautés, pour surmonter toute incompréhension et préjugé. Ma visite s'inscrit dans le chemin tracé, pour le confirmer et le renforcer. C'est avec des sentiments de vive cordialité que je me trouve parmi vous pour vous manifester l'estime et l'affection que l'évêque de Rome et l'Eglise de Rome, ainsi que toute l'Eglise catholique, nourrissent à l'égard de votre communauté et des communautés juives présentes dans le monde. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Vivre une fraternité authentique&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;2. La doctrine du Concile Vatican II a représenté pour les catholiques un point de référence vers lequel se tourner constamment dans l'attitude et dans les rapports avec le peuple juif, marquant une étape nouvelle et significative. L'événement conciliaire a donné un élan décisif à l'engagement de parcourir un chemin irrévocable de dialogue, de fraternité et d'amitié, un chemin qui s'est approfondi et développé ces quarante dernières années avec des étapes et des gestes importants et significatifs, parmi lesquels je souhaite mentionner à nouveau la visite historique dans ce lieu, de mon vénérable prédécesseur, le 13 avril 1986, les nombreuses rencontres qu'il a eues avec des représentants juifs, notamment au cours des voyages apostoliques internationaux, le pèlerinage jubilaire en Terre Sainte en l'an 2000, les documents du Saint-Siège qui, après la Déclaration&lt;i&gt; Nostra aetate&lt;/i&gt;, ont offert de précieuses orientations pour un développement positif dans les rapports entre catholiques et juifs. Moi aussi, pendant ces années de pontificat, j'ai voulu montrer ma proximité et mon affection envers le peuple de l'Alliance. Je conserve bien vivants dans mon c&#339;ur tous les moments du pèlerinage que j'ai eu la joie d'accomplir en Terre Sainte, au mois de mai de l'année dernière, ainsi que les nombreuses rencontres avec des communautés et des organisations juives, en particulier dans les synagogues de Cologne et de New York.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, l'Eglise n'a pas manqué de déplorer les fautes de ses fils et de ses filles, en demandant pardon pour tout ce qui a pu favoriser d'une manière ou d'une autre les plaies de l'antisémitisme et de l'antijudaïsme (cf. Commission pour les rapports religieux avec le judaïsme, &lt;i&gt;Nous nous souvenons : une réflexion sur la Shoah&lt;/i&gt;, 16 mars 1998). Puissent ces plaies être guéries pour toujours ! Il me revient à l'esprit la prière pleine de tristesse au Mur du Temple à Jérusalem du pape Jean-Paul II, le 26 mars 2000, qui résonne avec vérité et sincérité au plus profond de notre c&#339;ur : « Dieu de nos pères, tu as choisi Abraham et sa descendance pour que ton Nom soit apporté aux peuples : nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui, au cours de l'histoire, les ont fait souffrir, eux qui sont tes fils, et, en te demandant pardon, nous voulons nous engager à vivre une fraternité authentique avec le peuple de l'Alliance ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Le secours de l'Église pendant la guerre&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;3. Le temps qui s'est écoulé nous permet de reconnaître dans le XXe siècle une époque véritablement tragique pour l'humanité : des guerres sanglantes qui ont semé la destruction, la mort et la douleur comme jamais auparavant ; des idéologies terribles qui ont trouvé leur racine dans l'idolâtrie de l'homme, de la race, de l'Etat qui ont conduit une fois de plus un frère à tuer son frère. Le drame singulier et bouleversant de la &lt;i&gt;Shoah&lt;/i&gt; représente en quelque sorte le sommet d'un chemin de haine qui naît lorsque l'homme oublie son Créateur et se met lui-même au centre de l'univers. Comme je l'ai dit lors de ma visite du 28 mai 2006 au camp de concentration d'Auschwitz, encore profondément inscrite dans ma mémoire, « les potentats du Troisième Reich voulaient écraser le peuple juif tout entier » et au fond « au moyen de l'anéantissement de ce peuple, entendaient tuer ce Dieu qui appela Abraham, et qui, parlant sur le Sinaï, établit les critères d'orientation de l'humanité, qui demeurent éternellement valables » (&lt;i&gt;Discours au camp d'Auschwitz-Birkenau&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Insegnamenti&lt;/i&gt; de Benoît XVI, II, [2006], p. 727).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment ne pas rappeler en ce lieu les juifs romains qui furent arrachés de ces maisons, devant ces murs, et dans un horrible massacre furent tués à Auschwitz ? Comment est-il possible d'oublier leurs visages, leurs noms, les larmes, le désespoir des hommes, des femmes et des enfants ? L'extermination du peuple de l'Alliance de Moïse, d'abord annoncée puis systématiquement programmée et mise en &#339;uvre en Europe sous la domination nazie, atteint également Rome en ce jour tragique. Malheureusement, beaucoup demeurèrent indifférents, mais beaucoup, également parmi les catholiques italiens, soutenus par la foi et l'enseignement chrétien, réagirent avec courage, en ouvrant les bras pour secourir les juifs traqués et en fuite, souvent au risque de leur propre vie, et méritant une gratitude éternelle. Le Siège apostolique également mena une action de secours, souvent cachée et discrète.&lt;br&gt;Le souvenir de ces événements doit nous pousser à renforcer les liens qui nous unissent pour que croissent toujours davantage la compréhension, le respect et l'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4. Notre proximité et notre fraternité spirituelles trouvent dans la Sainte Bible - en hébreu &lt;i&gt;Sifre Qodesh&lt;/i&gt; ou « Livres de Sainteté » - le fondement le plus solide et le plus durable, sur la base duquel nous sommes constamment placés devant nos racines communes, devant l'histoire et le riche patrimoine spirituel que nous partageons. C'est en scrutant son propre mystère que l'Eglise, Peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance, découvre son lien profond avec les juifs, choisis les premiers entre tous par le Seigneur pour accueillir sa parole (cf. &lt;i&gt;Catéchisme de l'Eglise catholique&lt;/i&gt;, n. 839). « A la différence des autres religions non chrétiennes, la foi juive est déjà réponse à la révélation de Dieu dans l'Ancienne Alliance. C'est au peuple juif qu'&quot;appartiennent l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, lui de qui est né, selon la chair, le Christ&quot; (Rm 9, 4-5) car &quot;les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance&quot; (Rm 11, 29) » (&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5. Nombreuses peuvent être les implications qui dérivent de l'héritage commun tiré de la Loi et des Prophètes. Je voudrais en rappeler certaines : tout d'abord, la solidarité qui lie l'Eglise et le peuple juif « au niveau même de leur identité » spirituelle et qui offre aux chrétiens l'opportunité de promouvoir « un respect renouvelé pour l'interprétation juive de l'Ancien Testament » (cf. Commission biblique pontificale, &lt;i&gt;Le peuple juif et ses Saintes Ecritures dans la Bible chrétienne&lt;/i&gt;, 2001, pp. 12 et 55) ; la place centrale du Décalogue comme message commun éthique de valeur éternelle pour Israël, l'Eglise, les non-croyants et l'humanité tout entière ; l'engagement pour préparer ou réaliser le Royaume du Très-Haut dans l'« attention pour la création » confiée par Dieu à l'homme pour la cultiver et la protéger de manière responsable (cf. Gn 2, 15).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Les domaines de collaboration et de témoignage&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;6. En particulier le &lt;i&gt;Décalogue&lt;/i&gt; - les « Dix Paroles » ou Dix Commandements (cf. Ex 20, 1-17 ; Dt 5, 1-21) - qui provient de la &lt;i&gt;Torah&lt;/i&gt; de Moïse, constitue le flambeau de l'éthique, de l'espérance et du dialogue, étoile polaire de la foi et de la morale du peuple de Dieu, et il éclaire et guide également le chemin des chrétiens. Il constitue un phare et une norme de vie dans la justice et dans l'amour, un « grand code » éthique pour toute l'humanité. Les « Dix Paroles » jettent une lumière sur le bien et le mal, sur le vrai et le faux, sur le juste et l'injuste, également selon les critères de la conscience juste de toute personne humaine. Jésus lui-même l'a répété plusieurs fois, en soulignant qu'un engagement actif sur le chemin des commandements est nécessaire : « Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » (Mt 19, 17). Dans cette perspective, les domaines de collaboration et de témoignage sont divers. Je souhaiterais en rappeler trois particulièrement importants pour notre époque.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les « Dix Paroles » demandent de reconnaître l'unique Seigneur, contre la tentation de se construire d'autres idoles, se faire des veaux d'or. Dans notre monde, beaucoup ne connaissent pas Dieu ou estiment qu'il est superflu, sans importance pour la vie ; ainsi ont été fabriqués d'autres et de nouveaux dieux devant lesquels l'homme s'incline. Réveiller dans notre société l'ouverture à la dimension transcendante, témoigner de l'unique Dieu est un service précieux que les juifs et les chrétiens peuvent offrir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les « Dix Paroles » demandent le respect, la protection de la vie, contre toute injustice ou tout abus de pouvoir, en reconnaissant la valeur de toute personne humaine, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu. Combien de fois, dans toutes les régions de la terre, proches ou lointaines, sont encore piétinés la dignité, la liberté, les droits de l'être humain ! Témoigner ensemble de la valeur suprême de la vie contre tout égoïsme, c'est offrir une contribution importante à un monde où puisse régner la justice et la paix, le « shalom » appelé de leurs v&#339;ux par les législateurs, par les prophètes et par les sages d'Israël.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les « Dix Paroles » exigent de conserver et de promouvoir la sainteté de la famille, où le « oui » personnel et réciproque, fidèle et définitif de l'homme et de la femme, ouvre l'espace pour l'avenir, pour l'authentique humanité de chacun, et s'ouvre, dans le même temps, au don d'une nouvelle vie. Témoigner que la famille continue d'être la cellule essentielle de la société et le contexte de base où l'on apprend et l'on exerce les vertus est un précieux service à offrir pour la construction d'un monde au visage plus humain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7. Comme l'enseigne Moïse dans le &lt;i&gt;Shemà&lt;/i&gt; (cf. Dt 6, 5 ; Lv 19, 34) - et Jésus le réaffirme dans l'Evangile (cf. Mc 12, 19-31), tous les commandements se résument dans l'amour de Dieu et dans la miséricorde envers le prochain. Cette Règle engage les juifs et les chrétiens à faire preuve, à notre époque, d'une générosité particulière envers les pauvres, les femmes, les enfants, les étrangers, les malades, les faibles, les personnes dans le besoin. Il existe dans la tradition juive un admirable dicton des Pères d'Israël : « Simon le Juste avait l'habitude de dire : le monde se fonde sur trois choses : la Torah, le culte et les actes de miséricorde » (&lt;i&gt;Aboth&lt;/i&gt; 1, 2). A travers l'exercice de la justice et de la miséricorde, les juifs et les chrétiens sont appelés à annoncer et à témoigner du Royaume du Très-Haut qui vient, et pour lequel nous prions et nous &#339;uvrons chaque jour dans l'espérance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8. Nous pouvons accomplir des pas ensemble dans cette direction, conscients des différences qui existent entre nous, mais également du fait que si nous réussissons à unir nos c&#339;urs et nos mains pour répondre à l'appel du Seigneur, sa lumière deviendra plus proche pour illuminer tous les peuples de la terre. Les pas accomplis au cours de ces quarante années par le Comité international conjoint catholique-juif et, au cours des années plus récentes, par la Commission mixte du Saint-Siège et du grand rabbinat d'Israël, sont un signe de la volonté commune de poursuivre un dialogue ouvert et sincère. Demain précisément, la Commission mixte tiendra ici à Rome sa IXe rencontre sur : « L'enseignement catholique et juif sur la création et l'environnement » ; nous leur souhaitons un dialogue fructueux sur un thème aussi important et actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Le même Seigneur&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;9. Les chrétiens et les juifs ont en commun une grande partie de leur patrimoine spirituel, ils prient le même Seigneur, ils ont les mêmes racines, mais ils sont souvent inconnus l'un à l'autre. C'est à nous qu'il revient, en réponse à l'appel de Dieu, de travailler afin que demeure toujours ouvert l'espace du dialogue, du respect réciproque, de la croissance dans l'amitié, du témoignage commun face aux défis de notre temps, qui nous invitent à collaborer pour le bien de l'humanité dans ce monde créé par Dieu, le Tout-Puissant et le Miséricordieux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10. J'exprime enfin une pensée particulière pour notre Ville de Rome, où, depuis environ deux millénaires, cohabitent, comme le disait le Pape Jean-Paul II, la communauté catholique avec son évêque et la communauté juive avec son grand rabbin. Que cette coexistence puisse être animée par un amour fraternel croissant, s'exprimant également dans une coopération toujours plus étroite pour offrir une contribution valable à la résolution des problèmes et des difficultés à affronter.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'invoque du Seigneur le don précieux de la paix dans le monde entier, en particulier en Terre Sainte. Au cours de mon pèlerinage à Jérusalem au mois de mai dernier, au Mur du Temple, j'ai demandé à Celui qui peut tout : « Envoie ta paix sur cette Terre Sainte, sur le Moyen Orient, sur la famille humaine tout entière ; éveille le c&#339;ur de tous ceux qui invoquent ton nom, afin qu'ils marchent humblement sur le chemin de la justice et de la compassion » (&lt;i&gt;Prière au Mur occidental de Jérusalem&lt;/i&gt;, 12 mai 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je Lui élève à nouveau l'action de grâce et la louange pour notre rencontre, en lui demandant &lt;br&gt;de renforcer notre fraternité et de rendre notre entente plus solide. &lt;i&gt;[« Louez Yahvé, tous les peuples, fêtez-le tous les pays ! Fort est son amour pour nous, pour toujours sa vérité » (Ps 117).]&lt;/i&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;&lt;bR&gt;&lt;br&gt;&lt;bR&gt;&lt;br&gt;&lt;bR&gt;&lt;br&gt;&lt;bR&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;/i&gt;&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author>S.S. Benoit XVI</author>
		<dc:date>2010-01-19T11:53:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S.S. Benoit XVI</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>« Sauvegarder la création, protéger l'homme. » Discours au corps diplomatique</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Sauvegarder-la-creation-proteger-l.html</link>
		<date>2010-01-12 16:01:14</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton577.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;610&quot; height=&quot;422&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Excellences,&lt;br&gt;Mesdames et Messieurs,&lt;br&gt;Cette rencontre traditionnelle du début de l'année, deux semaines après la célébration de la naissance du Verbe incarné, est pour moi une grande joie. Comme nous l'avons proclamé dans la liturgie : « Dans le mystère de la Nativité, celui qui par nature est invisible se rend visible à nos yeux ; engendré avant le temps, Il entre dans le cours du temps. Faisant renaître en Lui la création déchue, Il restaure toute chose » (2e préface de la Nativité). À Noël, nous avons donc contemplé le mystère de Dieu et celui de la création : par l'annonce des anges aux bergers, nous est parvenue la bonne nouvelle du salut de l'homme et du renouvellement de tout l'univers. C'est pourquoi, dans le Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix de cette année, j'ai invité toutes les personnes de bonne volonté, à qui les anges ont promis justement la paix, à protéger la création.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et c'est dans le même esprit que je suis heureux de saluer chacun d'entre vous, en particulier ceux qui sont présents pour la première fois à cette cérémonie. Je vous remercie vivement pour les v&#339;ux dont s'est fait l'interprète votre doyen, Monsieur l'Ambassadeur Alejandro Valladares Lanza, et vous redis combien j'apprécie la mission que vous accomplissez près le Saint-Siège. Par votre entremise, je désire faire parvenir de cordiales salutations et des souhaits de paix et de bonheur aux Autorités et à tous les habitants des pays que vous représentez dignement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma pensée s'étend aussi à toutes les autres nations de la terre : le Successeur de Pierre tient sa porte ouverte à tous et désire entretenir avec tous des relations qui contribuent au progrès de la famille humaine. Depuis quelques semaines, de pleines relations diplomatiques ont été établies entre le Saint-Siège et la Fédération de Russie, c'est là un motif de profonde satisfaction. De même, a été très significative la visite que m'a faite récemment le Président de la République Socialiste du Vietnam, pays cher à mon c&#339;ur, où l'Église célèbre sa présence multiséculaire par une Année jubilaire. Dans cet esprit d'ouverture, au cours de l'année 2009, j'ai reçu de nombreuses personnalités politiques venant de divers pays ; j'ai aussi visité certains d'entre eux et je me propose à l'avenir, dans la mesure du possible, de continuer à le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Ordonner l'écologie &lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;L'Église est ouverte à tous parce que, en Dieu, elle existe pour les autres ! Elle participe donc intensément au sort de l'humanité qui, en cette année à peine commencée, apparaît encore marquée par la crise dramatique qui a frappé l'économie mondiale, provoquant une instabilité sociale grave et diffuse. Dans l'encyclique &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, j'ai invité à rechercher les racines profondes de cette situation : en dernière analyse, elles résident dans une mentalité courante égoïste et matérialiste, oublieuse des limites inhérentes à toute créature. Aujourd'hui, je voudrais souligner que cette même mentalité menace également la création. Chacun de nous pourrait citer, probablement, un exemple des dommages qu'elle provoque à l'environnement, partout dans le monde. J'en cite un, parmi tant d'autres, dans l'histoire récente de l'Europe : il y a vingt ans, quand tomba le mur de Berlin et quand s'écroulèrent les régimes matérialistes et athées qui avaient dominé pendant plusieurs décennies une partie de ce continent, n'a-t-on pas pu prendre la mesure des profondes blessures qu'un système économique privé de références fondées sur la vérité de l'homme avait infligé non seulement à la dignité et à la liberté des personnes et des peuples, mais aussi à la nature, avec la pollution du sol, des eaux et de l'air ? La négation de Dieu défigure la liberté de la personne humaine, mais dévaste aussi la création. Il s'ensuit que la sauvegarde de la création ne répond pas principalement à une exigence esthétique, mais bien davantage à une exigence morale, car la nature exprime un dessein d'amour et de vérité qui nous précède et qui vient de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pourquoi je partage la préoccupation majeure que causent les résistances d'ordre économique et politique à la lutte contre la dégradation de l'environnement. Il s'agit de difficultés qui ont pu être constatées encore dernièrement, lors de la XVe Session de la Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations-unies sur les changements climatiques, qui s'est tenue à Copenhague du 7 au 18 décembre dernier. Je souhaite que dans le courant de cette année, d'abord à Bonn, et puis à Mexico, il soit possible de parvenir à un accord pour affronter cette question de façon efficace. Il s'agit d'un enjeu d'autant plus important qu'il en va du destin même de certaines nations, en particulier certains Etats insulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il convient, toutefois, que cette attention et cet engagement pour l'environnement soient bien ordonnés dans l'ensemble des grands défis qui se posent à l'humanité. Si l'on veut construire une vraie paix, comment serait-il possible de séparer, ou même d'opposer, la protection de l'environnement et celle de la vie humaine, y compris la vie avant la naissance ? C'est dans le respect que la personne humaine a d'elle-même que se manifeste son sens de la responsabilité pour la création. Car, comme saint Thomas d'Aquin l'enseigne, l'homme représente ce qu'il y a de plus noble dans l'univers (cf. Summa Theologiae, I, q. 29, a.3). En outre, et je l'ai rappelé lors du récent Sommet mondial de la FAO sur la Sécurité alimentaire, « la terre est en mesure de nourrir tous ses habitants » (Discours du 16 novembre 2009, n. 2), pourvu que l'égoïsme ne conduise pas à l'accaparement par quelques-uns des biens destinés à tous !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je voudrais souligner encore que la sauvegarde de la création implique une gestion correcte des ressources naturelles des pays et, en premier lieu, de ceux qui sont économiquement défavorisés. Ma pensée va au continent africain, que j'ai eu la joie de visiter au mois de mars dernier, lors de mon voyage au Cameroun et en Angola, et auquel ont été consacrés les travaux de la récente Assemblée spéciale du Synode des évêques. Les Pères synodaux ont signalé avec préoccupation l'érosion et la désertification de grandes étendues de terre cultivable, à cause de la surexploitation et de la pollution de l'environnement (cf. &lt;i&gt;Propositio &lt;/i&gt;22). En Afrique, comme ailleurs, il est nécessaire d'adopter des choix politiques et économiques qui assurent « des formes de production agricole et industrielle respectueuses de l'ordre de la création et satisfaisantes pour les besoins essentiels de tous » (Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix 2010, n. 10).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment oublier, d'autre part, que la lutte pour l'accès aux ressources naturelles est l'une des causes de plusieurs conflits, entre autres en Afrique, ainsi que la source d'un risque permanent dans d'autres cas ? C'est aussi pour cette raison que je répète avec force que, pour cultiver la paix, il faut protéger la création ! Par ailleurs, il y a encore de vastes étendues, par exemple en Afghanistan ou en certains pays de l'Amérique Latine, où malheureusement l'agriculture est encore liée à la production de drogue, et où elle constitue une source non négligeable d'emploi et de subsistance. Si on veut la paix, il faut préserver la création par la reconversion de telles activités et je voudrais demander, une fois encore, à la communauté internationale de ne pas se résigner au trafic de la drogue et aux graves problèmes moraux et sociaux que celle-ci engendre.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, Mesdames et Messieurs, la protection de la création est un facteur important de paix et de justice ! Parmi les nombreux défis qu'elle lance, l'un des plus graves est celui de l'augmentation des dépenses militaires ainsi que du maintien et du développement des arsenaux nucléaires. D'énormes ressources économiques sont absorbées à ces fins, alors qu'elles pourraient être destinées au développement des peuples, surtout des plus pauvres. C'est pourquoi j'espère fermement que, lors de la Conférence d'examen du Traité de non prolifération des armes nucléaires, qui se tiendra au mois de mai prochain à New York, soient prises des décisions efficaces en vue d'un désarmement progressif, visant à libérer la planète des armes nucléaires. Plus généralement, je déplore que la production et l'exportation des armes contribuent à perpétuer conflits et violences, comme au Darfour, en Somalie ou en République Démocratique du Congo. A l'incapacité des parties directement impliquées à s'extraire de la spirale de violence et de douleur engendrée par ces conflits, s'ajoute l'apparente impuissance des autres pays et des Organisations internationales à ramener la paix, sans compter l'indifférence quasi résignée de l'opinion publique mondiale. Il n'est pas besoin de souligner combien de tels conflits endommagent et dégradent l'environnement. Comment, enfin, ne pas mentionner le terrorisme, qui met en danger tant de vies innocentes et provoque une anxiété diffuse ? En cette circonstance solennelle, je voudrais renouveler l'appel que j'ai lancé le 1er janvier, lors de la prière de l'Angelus, à ceux qui font partie de groupes armés, quels qu'ils soient, afin qu'ils abandonnent la voie de la violence et ouvrent leur c&#339;ur à la joie de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les graves violences que je viens d'évoquer, associées aux fléaux de la pauvreté et de la faim, ainsi qu'aux catastrophes naturelles et à la destruction de l'environnement, contribuent à grossir les rangs de ceux qui abandonnent leur propre terre. Face à un tel exode, je désire exhorter les Autorités civiles, intéressées à divers titres, à &#339;uvrer avec justice, solidarité et clairvoyance. En particulier, je voudrais mentionner ici les Chrétiens du Moyen-Orient. Assaillis de diverses manières, jusque dans l'exercice de leur liberté religieuse, ils quittent la terre de leurs pères, où se développa l'Église des premiers siècles. C'est pour leur apporter un soutien et pour leur faire sentir la proximité de leurs frères dans la foi que j'ai convoqué pour l'automne prochain l'Assemblée spéciale du Synode des Evêques sur le Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Laïcité positive&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, je n'ai évoqué jusqu'ici que quelques aspects liés à la problématique de l'environnement. Cependant, les racines de la situation qui est sous les yeux de tous, sont d'ordre moral et la question doit être affrontée dans le cadre d'un grand effort d'éducation, afin de promouvoir un changement effectif des mentalités et d'établir de nouveaux modes de vie. La communauté des croyants peut et veut y participer, mais, pour ce faire, il faut que son rôle public soit reconnu. Malheureusement, dans certains pays, surtout occidentaux, se diffuse parmi les milieux politiques et culturels, ainsi que dans les médias, un sentiment de peu de considération et parfois d'hostilité, pour ne pas dire de mépris, envers la religion, en particulier la religion chrétienne. Il est clair que si le relativisme est considéré comme un élément constitutif essentiel de la démocratie, on risque de ne concevoir la laïcité qu'en termes d'exclusion ou, plus exactement, de refus de l'importance sociale du fait religieux. Une telle approche, cependant, crée confrontation et division, blesse la paix, perturbe l'écologie humaine et, en rejetant par principe les attitudes différentes de la sienne, devient une voie sans issue. Il est donc urgent de définir une laïcité positive, ouverte, qui, fondée sur une juste autonomie de l'ordre temporel et de l'ordre spirituel, favorise une saine collaboration et un esprit de responsabilité partagée. Dans cette perspective, je pense à l'Europe, qui, avec l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, a ouvert une nouvelle phase de son processus d'intégration, que le Saint-Siège continuera à suivre avec respect et avec une attention bienveillante. Notant avec satisfaction que le Traité prévoit que l'Union européenne maintienne avec les Églises un dialogue « ouvert, transparent et régulier » (art. 17), je forme des v&#339;ux afin que, dans la construction de son avenir, l'Europe sache toujours puiser aux sources de sa propre identité chrétienne. Comme je l'ai dit, durant mon voyage apostolique en République Tchèque, au mois de septembre dernier, celle-ci a un rôle irremplaçable « pour la formation de la conscience de chaque génération et la promotion d'un consensus éthique de base qui est utile à toute personne qui appelle ce continent ‘ma maison' ! » (Rencontre avec les Autorités politiques et civiles et avec le Corps diplomatique, 26 septembre 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Poursuivant notre réflexion, il est nécessaire de relever que la problématique de l'environnement est complexe ; on pourrait dire qu'il s'agit d'un prisme aux facettes multiples. Les créatures sont différentes les unes des autres et peuvent être protégées, ou au contraire mises en danger de diverses manières, comme nous le montre l'expérience quotidienne. Une de ces attaques provient des lois ou des projets qui, au nom de la lutte contre la discrimination, attentent au fondement biologique de la différence entre les sexes. Je me réfère, par exemple, à des pays européens ou du continent américain. « Si tu enlèves la liberté, tu enlèves la dignité », dit saint Colomban (Epist. N. 4 ad Attela, in S. Columbani Opera, Dublin, 1957, p. 34). Toutefois la liberté ne peut être absolue, parce que l'homme n'est pas Dieu, mais image de Dieu, sa créature. Pour l'homme, le chemin à suivre ne peut être fixé par l'arbitraire ou le désir, mais doit consister, plutôt, à correspondre à la structure voulue par le Créateur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La sauvegarde de la création comporte aussi d'autres défis, auxquels on ne peut répondre que par la solidarité internationale. Je pense aux catastrophes naturelles, qui, durant l'année passée, ont semé morts, souffrances et destructions aux Philippines, au Vietnam, au Laos, au Cambodge et dans l'Ile de Taiwan. Comment ne pas rappeler aussi l'Indonésie et, plus près de nous, la région des Abruzzes frappées par des tremblements de terre dévastateurs ? Face à de tels événements, une généreuse assistance ne doit jamais manquer, parce que la vie même des créatures de Dieu est en jeu. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la sauvegarde de la création, en plus de la solidarité, a besoin aussi de la concorde et de la stabilité des Etats. Quand surgissent des divergences et des hostilités entre ces derniers, pour défendre la paix, ils doivent poursuivre avec ténacité la voie d'un dialogue constructif. C'est ce qui advint, il y a vingt-cinq ans, avec le Traité de Paix et d'Amitié entre l'Argentine et le Chili, conclu grâce à la médiation du Siège Apostolique. Il a porté d'abondants fruits de collaboration et de prospérité, qui ont profité, d'une certaine façon, à toute l'Amérique Latine. Dans cette même région du monde, je suis heureux du rapprochement que la Colombie et l'Equateur ont entrepris après plusieurs mois de tension. Plus près de nous, je me réjouis de l'entente conclue entre la Croatie et la Slovénie à propos de l'arbitrage relatif à leur frontière maritime et terrestre. Je me félicite également de l'Accord entre l'Arménie et la Turquie en vue de la reprise de relations diplomatiques, et je souhaite aussi qu'à travers le dialogue, les relations entre tous les pays du Caucase méridional s'améliorent. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Liberté religieuse&lt;br&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;Durant mon pèlerinage en Terre Sainte, j'ai appelé de façon pressante les Israéliens et les Palestiniens à dialoguer et à respecter les droits de l'autre. Encore une fois, j'élève ma voix, afin que soit universellement reconnu le droit de l'Etat d'Israël à exister et à jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues. Et que, de même, soit reconnu le droit du Peuple palestinien à une patrie souveraine et indépendante, à vivre avec dignité et à se déplacer librement. Je voudrais, en outre, demander le soutien de tous, afin que soient protégés l'identité et le caractère sacré de Jérusalem, son héritage culturel et religieux, dont la valeur est universelle. Seulement ainsi, cette ville unique, sainte et tourmentée, pourra être signe et anticipation de la paix que Dieu désire pour toute la famille humaine. Par amour du dialogue et de la paix, qui sauvegardent la création, j'exhorte les gouvernants et les citoyens de l'Iraq à dépasser les divisions, la tentation de la violence et l'intolérance, pour construire ensemble l'avenir de leur pays. Les communautés chrétiennes veulent elles aussi y apporter leur contribution, mais pour cela il faut que leur soient assurés respect, sécurité et liberté. Ces derniers mois, le Pakistan a été aussi durement frappé par la violence et certains épisodes ont visé directement la minorité chrétienne. Je demande que tout soit fait afin que de telles agressions ne se renouvellent plus et que les chrétiens puissent se sentir pleinement intégrés dans la vie de leur pays. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'agissant des violences contre les chrétiens, je ne puis omettre de mentionner, par ailleurs, le déplorable attentat dont vient d'être victime la communauté copte égyptienne ces derniers jours, alors même qu'elle fêtait Noël. Concernant l'Iran, je souhaite qu'à travers le dialogue et la collaboration, soient trouvées des solutions communes, aussi bien au niveau national qu'au plan international. Au Liban, qui a surmonté une longue crise politique, je souhaite de continuer sur la voie de la concorde. J'espère que le Honduras, après un temps d'incertitude et d'agitation, s'achemine vers une normalité politique et sociale retrouvée. Et je souhaite qu'il en aille de même pour la Guinée et pour Madagascar, avec l'aide effective et désintéressée de la communauté internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, au terme de ce rapide tour d'horizon, qui, à cause de sa brièveté, ne peut mentionner toutes les situations qui mériteraient de l'être, me reviennent à l'esprit les mots de l'Apôtre Paul, pour qui « la création tout entière crie sa souffrance » et « nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance » (Rm 8, 22-23). Oui, il y a tant de souffrances dans l'humanité et l'égoïsme humain blesse la création de bien des façons. C'est pour cela que l'attente du salut, qui concerne toute la création, est encore plus intense et qu'elle est présente dans le c&#339;ur de tous, croyants et incroyants. L'Église indique que la réponse à cette aspiration est le Christ « premier-né par rapport à toute créature, car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre » (Col 1, 15-16). Fixant sur Lui mon regard, j'exhorte toute personne de bonne volonté à &#339;uvrer avec confiance et générosité pour la dignité et la liberté de l'homme. Que la lumière et la force de Jésus nous aident à respecter l'écologie humaine, conscients que l'écologie environnementale en trouvera aussi un bénéfice, car le livre de la nature est unique et indivisible ! C'est ainsi que nous pourrons consolider la paix, aujourd'hui et pour les générations à venir. Bonne année à tous !&lt;/p&gt;</description>
		<author>S.S. Benoit XVI</author>
		<dc:date>2010-01-12T15:01:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S.S. Benoit XVI</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
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		<title>« Le &#8220;Nous&#8221; de l'Église. » Message de Noël de Benoît XVI</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Le-Nous-de-l-Eglise-Message-de.html</link>
		<date>2010-01-04 11:43:27</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton575.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;340&quot; height=&quot;245&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Chers frères et s&#339;urs de Rome et du monde entier, et vous tous, hommes et femmes aimés du Seigneur !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;« Lux fulgebit hodie super nos,
Quia natus est nobis Dominus.
&lt;/i&gt;Aujourd'hui, sur nous, la lumière va resplendir,
car le Seigneur nous est né* ».&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La liturgie de la Messe de l'Aurore nous a rappelé que, désormais, la nuit est passée, le jour est avancé ; la lumière qui émane de la grotte de Bethléem resplendit sur nous.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutefois la Bible et la liturgie ne nous parlent pas de la lumière naturelle, mais d'une autre lumière, spéciale, de quelque façon dirigée et orientée vers un « nous », le même « nous » pour lequel l'Enfant de Bethléem « est né ». Ce « nous » c'est l'Église, la grande famille universelle des croyants dans le Christ, qui ont attendu avec espérance la nouvelle naissance du Sauveur et qui, aujourd'hui, célèbrent dans ce mystère l'actualité permanente de cet événement.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;« Dieu allume encore des feux dans la nuit »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au début, autour de la crèche de Bethléem, ce « nous » était presque invisible aux yeux des hommes. Comme nous le rapporte l'Évangile de saint Luc, il comprenait, en plus de Marie et de Joseph, quelques humbles bergers qui arrivèrent à la grotte, après avoir été avertis par les anges. La lumière du premier Noël fut comme un feu allumé dans la nuit. Autour tout était sombre, tandis que dans la grotte resplendissait « la vraie Lumière, qui éclaire tout homme » (Jn 1, 9). Toutefois tout se passa dans la simplicité et dans la discrétion, selon le style par lequel Dieu opère dans toute l'histoire du salut. Dieu aime allumer des lumières circonscrites, pour éclairer ensuite sur un vaste rayon. La Vérité, comme l'Amour, qui en sont le contenu, s'allument là où la lumière est accueillie, se répandant ensuite en cercles concentriques, presque par contact, dans les c&#339;urs et dans les esprits de ceux qui, s'ouvrant librement à sa splendeur, deviennent à leur tour sources de lumière. C'est l'histoire de l'Église qui commence son cheminement dans la pauvre grotte de Bethléem, et qui, à travers les siècles, devient Peuple et source de lumière pour l'humanité. Aujourd'hui aussi, à travers ceux qui vont à la rencontre de l'Enfant, Dieu allume encore des feux dans la nuit du monde pour appeler les hommes à reconnaître en Jésus le « signe » de sa présence salvatrice et libératrice et élargir le « nous » des croyants dans le Christ à l'humanité tout entière.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Partout où il y a un « nous » qui accueille l'amour de Dieu, là resplendit la lumière du Christ, même dans les situations les plus difficiles. L'Église, comme la Vierge Marie, offre au monde Jésus, le Fils qu'elle-même a reçu en don, et qui est venu libérer l'homme de l'esclavage du péché. Comme Marie, l'Église n'a pas peur, car cet Enfant est sa force. Mais elle ne le garde pas pour elle : elle l'offre à tous ceux qui le cherchent d'un c&#339;ur sincère, aux humbles de la terre et aux affligés, aux victimes de la violence, à ceux qui désirent ardemment le bien de la paix. Aujourd'hui aussi, pour la famille humaine profondément marquée par une grave crise économique, mais d'abord encore morale, et par les douloureuses blessures de guerres et de conflits, sous la forme du partage et de la fidélité à l'homme, l'Église répète avec les bergers : « Allons jusqu'à Bethléem » (Lc 2, 15), là nous trouverons notre espérance.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le « nous » de l'Église qui souffre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le « nous » de l'Église vit là où Jésus est né, en Terre Sainte, pour inviter ses habitants à abandonner toute logique de violence et de vengeance et à s'engager avec une vigueur renouvelée et avec générosité sur le chemin d'une coexistence pacifique. Le « nous » de l'Église est présent dans les autres pays du Moyen Orient. Comment ne pas penser à la situation tourmentée en Irak et à ce petit troupeau de chrétiens qui vit dans la Région ? Il souffre parfois de violences et d'injustices mais il est toujours disposé à donner sa propre contribution à l'édification de la cohabitation civile contraire à la logique du conflit et du refus du voisin.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le « nous » de l'Église opère au Sri Lanka, dans la Péninsule coréenne et aux Philippines, comme aussi en d'autres terres asiatiques, comme levain de réconciliation et de paix. Sur le continent africain, il ne cesse d'élever sa voix vers Dieu pour implorer la fin de toutes les exactions en République Démocratique du Congo. Il invite les habitants de la Guinée et du Niger au respect des droits de toute personne et au dialogue. À ceux de Madagascar, il demande de dépasser les divisions internes et de s'accueillir réciproquement. À tous, il rappelle qu'ils sont appelés à l'espérance, malgré les drames, les épreuves et les difficultés qui continuent de les affliger.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En Europe et en Amérique septentrionale, le « nous » de l'Église incite à dépasser la mentalité égoïste et techniciste, à promouvoir le bien commun et à respecter les personnes plus faibles, à commencer par celles qui ne sont pas encore nées. Au Honduras, il aide à reprendre le chemin institutionnel. Dans toute l'Amérique Latine, le « nous » de l'Église est facteur identitaire, plénitude de vérité et de charité qu'aucune idéologie ne peut remplacer, appel au respect des droits inaliénables de toute personne et à son développement intégral, annonce de justice et de fraternité, source d'unité.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fidèle au mandat de son Fondateur, l'Église est solidaire de ceux qui sont frappés par les calamités naturelles et par la pauvreté, également dans les sociétés opulentes. Face à l'exode de ceux qui émigrent de leur terre et qui sont poussés au loin par la faim, par l'intolérance ou par la dégradation environnementale, l'Église est une présence qui appelle à l'accueil. En un mot, l'Église annonce partout l'Évangile du Christ malgré les persécutions, les discriminations, les attaques et l'indifférence, parfois hostile, qui - quoi qu'il en soit - lui permettent de partager le sort de son Maître et Seigneur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chers frères et s&#339;urs, quel grand don de faire partie d'une communion qui est pour tous ! C'est la communion de la Sainte Trinité, du c&#339;ur de laquelle l'Emmanuel, Jésus, Dieu-avec-nous, est descendu dans le monde. Comme les bergers de Bethléem, contemplons pleins d'émerveillement et de gratitude ce mystère d'amour et de lumière !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Joyeux Noël à tous ! &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;bR&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2010-01-04T10:43:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>« Sortir des sacristies. » Mgr Aillet répond à ses détracteurs</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Sortir-des-sacristies-Mgr-Aillet.html</link>
		<date>2010-01-03 13:16:00</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton576.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;122&quot; height=&quot;150&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Quelques fidèles de nos paroisses de Bayonne ont cru bon d'interpeller les médias locaux, ces dernières semaines, pour faire part de leur mécontentement ; par un effet « caisse de résonnance », ils ont ainsi jeté un certain trouble, avec le risque de blesser la communion. J'aurais nettement préféré qu'ils cherchent à me rencontrer, ma porte est toujours ouverte. Le procédé me semble regrettable, car il expose sur la place publique des divisions internes qui portent somme toute sur des réalités qui n'engagent ni la foi ni les m&#339;urs et relèvent souvent de rumeurs rapportant des faits de manière partielle.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce faisant, est donnée une vision réductrice de notre Église diocésaine qui contraste avec bien des vitalités ecclésiales dont je suis témoin dans les paroisses que je visite chaque dimanche : pour ne parler que de mes dernières visites, je pense à l'ouverture de la chapelle d'adoration à Sainte-Thérèse de Pau, à la consécration de l'autel de l'église de Bidache, à la fête paroissiale de Monein et à la solennité de l'Immaculée-Conception à la cathédrale de Bayonne avec la procession aux flambeaux dans les rues de la ville. Chaque fois, ce furent de grandes manifestations populaires et joyeuses, tous les âges étant bien représentés. Je ne voudrais pas, d'autre part, que les inquiétudes et les souffrances ainsi médiatisées et qu'il me faut entendre, détournent notre attention des épreuves du monde qui nous entoure et de l'urgence de notre mission présente d'annoncer l'Evangile du Salut à tous.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'on me permette donc de revenir paisiblement sur quelques aspects de cette actualité.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les « filles enfants de ch&#339;ur »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le procès qui a été fait au curé de Notre-Dame de l'Assomption - Bayonne, l'abbé François de Mesmay, n'est pas juste. Si vous fréquentez la messe de 11 h à Saint-André, vous verrez qu'il y a un groupe de garçons qui servent à l'autel, dans la proximité immédiate du prêtre, et un groupe de filles, qui portent elles aussi un costume distinctif et qui sont davantage au service de l'assemblée : proclamation de la Parole, procession des offrandes, procession de communion etc., comme cela se pratique aujourd'hui en France, dans de très nombreuses paroisses.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais puisque plusieurs voix ont invoqué les textes du Saint-Siège en vigueur (cf. article de La Croix du 24 novembre 2009), je me permets de rappeler que, s'il n'y a pas d'opposition de principe à la participation des femmes et des filles au service de la liturgie, cela reste soumis à l'autorisation de l'évêque pour son diocèse, restant sauve l'obligation de constituer des groupes de garçons servants d'autel « qui ont permis le développement encourageant des vocations sacerdotales » ; Jean Paul II appelait ces groupes un « pré-séminaire » : « C'est précisément à cette lumière, chers frères prêtres, qu'il faut privilégier, à côté d'autres initiatives, le soin des servants d'autel, qui constituent comme un « vivier » de vocations sacerdotales. Le groupe des servants d'autel, bien accompagné par vous au sein de la communauté paroissiale, peut parcourir un vrai chemin de croissance chrétienne, formant quasiment une sorte de pré-séminaire » (Jean Paul II, Lettre aux prêtres pour le Jeudi-Saint 2004). Restant sauve aussi la liberté du curé, même en cas d'autorisation de l'évêque, de privilégier des groupes de garçons servants d'autel.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La répartition des rôles dans la liturgie, eu égard à « la différence non seulement de degré mais d'essence » entre le sacerdoce ministériel des prêtres et le sacerdoce commun des fidèles (cf. Vatican II, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lumen Gentium&lt;/i&gt;, 10), loin d'établir une discrimination est appelée à souligner la dimension hautement symbolique de l'acte liturgique, l'essentiel étant de bien manifester que la sainte liturgie est l'&#339;uvre du Christ et non l'&#339;uvre des hommes : c'est la célébration du Mystère pascal du Christ, par le prêtre à l'autel « &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;in persona Christi&lt;/i&gt; », et par les fidèles appelés, en vertu de leur baptême et de leur confirmation, à participer de manière active, consciente et fructueuse, participation qui est intérieure avant d'être extérieure ; le tout est d'avoir bien présent à l'esprit que c'est le Christ qui doit avoir la première place et que les célébrations doivent être le signe éloquent de la présence du Christ Seigneur (Cf. Jean Paul II, exhortation apostolique post-synodale &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ecclesia in Europa&lt;/i&gt; n. 69 ). Ce qui m'importe avant tout, c'est que les petites filles puissent, elles aussi, avoir une participation spécifique à la liturgie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais prenons garde de ne pas nous laisser piéger par ce type de débat, ni de transposer les critères psychologiques et sociologiques qui régissent l'évolution des sociétés, quel qu'en soit le bien-fondé par ailleurs, au fonctionnement interne de l'Église qui est d'un autre ordre et qui fait appel à des critères tirés de la foi et de la tradition catholique ; ici, il s'agit d'un discernement spirituel qui peut bien échapper au monde, et il n'y a pas à lui en faire grief pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais je mets au défi quiconque prétendra y voir un principe de discrimination. Sait-on que l'interdiction faite aux femmes d'accéder à l'université date de 1592, précisément à l'époque de la Renaissance où la société commence à s'émanciper de la tutelle de l'Église, en entrant dans la « modernité » ? Nul n'ignore en revanche l'aventure culturelle entre Abélard et Héloïse au moyen âge, ni que l'abbaye de Fontevraud, qui comportait un monastère d'hommes et un monastère de femmes, était dirigée par une Mère abbesse à la même époque !&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ajouterai que nous nous situons ici au c&#339;ur d'un grand débat anthropologique, à l'heure où l'on assiste à la diffusion massive de la fameuse théorie dite du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;gender&lt;/i&gt;, pour qui la différenciation entre l'homme et la femme est une discrimination. Je réponds : non à la différence interdite ! L'anthropologie judéo-chrétienne, qu'il nous faut assumer, est fondée dans la différence entre l'homme et la femme, différenciation qui les affecte dans leur personnalité profonde et qui loin d'entamer leur égalité fondamentale de dignité la promeut au contraire, à travers une complémentarité qui est source d'enrichissement mutuel, là où la théorie du genre conduit à un appauvrissement culturel, porteuse même de confusions entraînant des désordres et finalement des injustices. C'est un enjeu anthropologique qu'il faut prendre très au sérieux, comme me le confirmait dans une entrevue récente, Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste de réputation internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, pour être tout à fait juste, je me permets de rappeler que mon prédécesseur n'a jamais donné formellement d'autorisation. J'ajoute que je n'ai pas pour autant l'intention de l'interdire. Je voulais seulement donner ici quelques éléments pour un discernement pastoral.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La messe en basque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Là encore, le procès qui m'est fait n'est pas juste. C'est habituellement et avec joie que je célèbre la messe en basque, dans le pays basque intérieur en particulier. J'ai dit et répété depuis mon arrivée dans le diocèse mon intérêt pour la langue basque, véhicule d'une culture profondément enracinée dans la foi. Le 17 juillet dernier, alors que je présidais la messe en basque de Saint-André, j'ai affirmé combien cette messe avait toute sa place : d'abord pour les bascophones, et en particulier ceux dont c'est la langue maternelle et qui ont le droit, dans l'esprit de Pentecôte, de prier et de louer Dieu dans leur langue, comme pour ceux qui, tout en ne comprenant pas le basque, sont saisis par la beauté des chants qui élèvent l'âme vers Dieu, enfin pour ceux qui se réapproprient la culture et la langue basque en-dehors de l'Église. C'est pourquoi j'ai dit que l'Église n'avait pas vocation à conserver un patrimoine mais à faire vivre une langue pour mieux annoncer l'Evangile.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il reste vrai qu'à la demande écrite qui m'a été faite par un groupe de personnes, se présentant comme porte-paroles des fidèles de la messe en basque de Saint-André, de déclarer officiellement Saint-André « Église des basques », j'ai répondu que ce n'était pas juste. En effet les fidèles qui fréquentent cette messe font partie d'une communauté plus large - une paroisse, un diocèse - dont la langue commune - la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;koïne&lt;/i&gt; de l'Église des premiers siècles qui fut le grec, puis le latin - est le français. C'est pourquoi j'ai parlé de risque de « communautarisme » : l'expression, rapportée par Sud-Ouest dans un entretien, était forte et je n'ai sans doute pas apprécié le retentissement qu'elle peut avoir ici ; mais je m'empresse de préciser que j'ai seulement parlé de « risque », eu égard à la demande explicite qui m'était faite, sans l'appliquer pour autant à la situation présente : d'ailleurs, j'ai souhaité évidemment que cette messe en basque soit maintenue et puisse bénéficier de toute l'attention pastorale nécessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La messe en latin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est le même principe que pour la messe en basque : c'est le « droit des fidèles » qui est en jeu ! Le droit de l'Église universelle, à travers le motu proprio &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Summorum Pontificum&lt;/i&gt; du 7 juillet 2007 prévoit que les fidèles attachés à la langue latine - car pour eux et d'après leur expérience spirituelle, elle est un meilleur vecteur de la transmission de la foi et de la célébration du Mystère eucharistique - peuvent bénéficier de la liturgie selon le missel de 1962 - appelé désormais « forme extraordinaire » du rite romain - promulgué par le bienheureux Jean XXIII et qui a été célébré tout au long du concile Vatican II.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je tâche donc de garantir ce droit. Je précise en outre que le latin en lui-même n'est pas lié à l'ancien missel : dans le nouveau missel, son usage continue d'avoir toute sa place, comme le précise la constitution &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/i&gt; du concile Vatican II : « L'usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins » (n. 36) ; « L'Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c'est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d'ailleurs, doit occuper la première place » (n. 116).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour toutes ces affaires, ce qui m'importe, et ce pourrait en être le résumé, car tout se tient, c'est ce que j'appellerais « le droit à la différence », mais dans un esprit de communion, c'est-à-dire d'acceptation mutuelle des différences, qu'il ne suffit pas d'invoquer de manière incantatoire, de complémentarité entre les uns et les autres et donc d'enrichissement réciproque, voire de réconciliation. Qui pourrait s'y opposer sans manquer de respect à autrui et même sans sectarisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais je trouve que, ces derniers temps, on s'est beaucoup intéressé à la vie interne de notre Église. Remarquez que cela veut sans doute dire que l'Église, qu'on dit minoritaire, a encore beaucoup d'intérêt aux yeux du monde, ce dont il faut sans doute se réjouir. Mais ce qui m'intéresse, à l'approche de Noël, si vous le permettez, c'est que l'on sorte des sacristies et que l'on cesse de donner l'impression d'une Église d'abord préoccupée d'elle-même, et que l'on se tourne résolument vers le monde avec ses inquiétudes et ses épreuves présentes, en attente de notre solidarité et de notre courage à annoncer la bonne nouvelle du Salut. Pour cela, je vous renvoie à mon message de Noël.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;+ Marc Aillet&lt;/strong&gt;
évêque de Bayonne, Lescar et Oloron&lt;/p&gt;</description>
		<author>Mgr Marc Aillet</author>
		<dc:date>2010-01-03T12:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mgr Marc Aillet</dc:creator>
		

		</item>
	
	
		
		<item>
		<title>« Le réalisme de la foi dans la tourmente du présent. » Voeux du pape à la Curie romaine</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Le-realisme-de-la-foi-dans-la.html</link>
		<date>2009-12-23 12:23:14</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton574.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;232&quot; height=&quot;336&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Messieurs les cardinaux,&lt;bR&gt;
vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,&lt;br&gt;
chers frères et s&#339;urs,&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La solennité du saint Noël, comme vient de le souligner le cardinal-doyen, Angelo Sodano, est pour tous les chrétiens une occasion tout à fait particulière de rencontre et de communion. Cet Enfant que nous rencontrons à Bethléem nous invite à faire l'expérience de l'amour immense de Dieu, ce Dieu qui est descendu du ciel et s'est fait proche de chacun de nous pour faire de nous ses fils, membres de sa famille. Ce rendez-vous traditionnel de Noël du Successeur de Pierre avec ses plus proches collaborateurs constitue également une rencontre de famille, qui renforce les liens d'affection et de communion, pour former toujours plus ce « Cénacle permanent » consacré à la diffusion du Royaume de Dieu, comme cela vient d'être rappelé. Je remercie le cardinal-doyen pour les paroles cordiales à travers lesquelles il s'est fait l'interprète des v&#339;ux du Collège cardinalice, des membres de la Curie romaine et du gouvernorat, ainsi que de tous les représentants pontificaux qui sont profondément unis à nous pour apporter aux hommes de notre époque cette lumière qui est née dans la mangeoire de Bethléem. En vous accueillant avec une grande joie, je désire également exprimer ma gratitude à tous pour le service généreux et compétent que vous apportez au Vicaire du Christ et à l'Eglise.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une autre année riche d'événements importants pour l'Eglise et pour le monde touche à son terme. Avec un regard rétrospectif empreint de gratitude, je voudrais en cette heure faire mémoire de quelques points-clés pour la vie ecclésiale. De l'Année de saint Paul, nous sommes passés à l'Année sacerdotale. De la figure imposante de l'apôtre des nations qui, frappé par la lumière du Christ ressuscité, et par son appel, a apporté l'Evangile aux peuples du monde, nous sommes passés à la figure humble du curé d'Ars qui, pendant toute sa vie, est resté dans le petit village qui lui avait été confié et qui toutefois, précisément dans l'humilité de son service, a rendu largement visible dans le monde la bonté réconciliatrice de Dieu. A partir de ces deux figures se manifeste la vaste portée du ministère sacerdotal et il devient évident que c'est précisément ce qui est petit qui est grand et que, à travers le service apparemment petit d'un homme, Dieu peut accomplir de grandes choses, purifier et renouveler le monde de l'intérieur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Le synode pour l'Afrique&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;
Pour l'Eglise, et pour moi personnellement, l'année qui se conclut a été placée en grande partie sous le signe de l'Afrique. Il y a eu avant tout le voyage au Cameroun et en Angola. Il a été émouvant pour moi de ressentir la grande cordialité avec laquelle le Successeur de Pierre, le &lt;i&gt;Vicarius Christi&lt;/i&gt;, a été accueilli. La joie festive et l'affection cordiale de ceux qui sont venus à ma rencontre sur toutes les routes ne s'adressaient pas, justement, à un hôte quelconque. Dans la rencontre avec le Pape, on a pu percevoir l'Eglise universelle, la communauté qui embrasse le monde et qui est réunie par Dieu à travers le Christ - la communauté qui n'est pas fondée sur des intérêts humains, mais qui nous est offerte par l'attention bienveillante de Dieu pour nous. Tous ensemble, nous formons la famille de Dieu, frères et s&#339;urs en vertu d'un unique Père : telle a été l'expérience vécue. Et on faisait l'expérience que l'attention pleine d'amour de Dieu dans le Christ pour nous n'appartient pas au passé et ne relève pas non plus de théories savantes, mais est une réalité tout à fait concrète ici et maintenant. C'est précisément Lui qui est au milieu de nous : c'est ce que nous avons perçu à travers le ministère du Successeur de Pierre. Ainsi, nous avons été élevés au-dessus du simple quotidien. Le ciel s'est ouvert, et c'est ce qui transforme un jour en une fête. Et c'est dans le même temps quelque chose de durable. Cela continue à être vrai, également dans la vie quotidienne, que le ciel n'est plus fermé ; que Dieu est proche ; que dans le Christ, nous appartenons tous les uns aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le souvenir des célébrations liturgiques reste gravé de façon particulièrement profonde dans ma mémoire. Les célébrations de la Sainte Eucharistie ont été de véritables fêtes de la foi. Je voudrais mentionner deux éléments qui me semblent particulièrement importants. Il y avait avant tout une joie partagée, qui s'exprimait également à travers le corps, mais de façon disciplinée et guidée par la présence du Dieu vivant. Ceci indique déjà le deuxième élément : le sens du sacré, du mystère présent du Dieu vivant a façonné, pour ainsi dire, chaque geste. Le Seigneur est présent - le Créateur, Celui auquel tout appartient, dont nous provenons et vers lequel nous marchons. De façon spontanée me sont venues à l'esprit les paroles de saint Cyprien qui, dans son commentaire au Notre Père, écrit : « Rappelons-nous que nous sommes sous le regard de Dieu posé sur nous. Nous devons plaire aux yeux de Dieu, tant par l'attitude de notre corps que par l'usage de notre voix » (&lt;i&gt;De dom. or. &lt;/i&gt;4 CSEL III 1 , p. 269). Oui, cette conscience était présente : nous étions en présence Dieu. De cela ne découle ni peur, ni inhibition, pas davantage une obéissance extérieure aux rubriques, et encore moins une façon de se mettre en évidence les uns devant les autres ou d'élever la voix de façon désordonnée. Il régnait plutôt ce que les Pères appellent &lt;i&gt;« sobria ebrietas » : &lt;/i&gt;être remplis d'une joie qui demeure toutefois sobre et ordonnée, qui unit les personnes de l'intérieur, en les conduisant à la louange communautaire de Dieu, une louange qui suscite dans le même temps l'amour du prochain, la responsabilité réciproque.
&lt;b&gt;&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;Naturellement, la rencontre avec mes frères dans le ministère épiscopal et l'inauguration du synode pour l'Afrique à travers la remise de l'&lt;i&gt;Instrumentum laboris, &lt;/i&gt;ont fait bien sûr partie du voyage en Afrique. Cela a eu lieu dans le cadre d'une rencontre le soir de la fête de saint Joseph, une rencontre au cours de laquelle les représentants de chaque épiscopat ont présenté de façon émouvante leurs espérances et leurs préoccupations. Je pense que le bon maître de maison, saint Joseph, qui sait bien personnellement ce que signifie réfléchir, dans une attitude de sollicitude et d'espérance, sur les chemins futurs de la famille, nous a écoutés avec amour et nous a accompagnés jusqu'au synode lui-même. Jetons un bref regard sur le synode. A l'occasion de ma visite en Afrique, la force théologique et pastorale du primat pontifical comme point de convergence pour l'unité de la famille de Dieu a d'abord été rendu évidente. Au cours du synode, est apparue encore plus fortement l'importance de la collégialité - de l'unité des évêques, qui reçoivent leur ministère précisément du fait qu'ils entrent dans la communauté des successeurs des Apôtres : chacun est évêque, successeur des apôtres, uniquement dans la mesure où il appartient à la communauté de ceux dans lesquels se poursuit le &lt;i&gt;Collegium Apostolorum &lt;/i&gt;dans l'unité avec Pierre et avec son successeur. Comme dans les liturgies en Afrique, puis de nouveau, à Saint-Pierre de Rome, le renouveau liturgique de Vatican II a pris forme de façon exemplaire, ainsi, dans la communion du synode l'ecclésiologie du Concile a été vécue de façon très concrète. Les témoignages que nous avons pu écouter de la part des fidèles d'Afrique - des témoignages de souffrance et de réconciliation concrète dans les tragédies de l'histoire récente du continent - ont été également émouvants.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Le synode s'était proposé comme thème : l'Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix.&lt;/b&gt; Il s'agit d'un thème théologique et surtout pastoral d'une actualité brûlante, mais qui pouvait également être pris à tort pour un thème politique. Le tâche des évêques était de transformer la théologie en pastorale, c'est-à-dire en un ministère pastoral très concret, dans lequel les grandes visions de l'Ecriture Sainte et de la Tradition sont appliquées à l'&#339;uvre des évêques et des prêtres à un moment et en un lieu déterminés. Mais il ne fallait pas pour cela céder à la tentation de prendre personnellement en main la politique et de pasteurs, se transformer en guides politiques. En effet, la question très concrète devant laquelle les pasteurs se trouvent continuellement, est précisément celle-ci : comment pouvons-nous être réalistes et pratiques, sans nous arroger une compétence politique qui ne nous revient pas ? Nous pourrions également dire : il s'agissait de la question d'une laïcité positive, pratiquée et interprétée de façon juste. Il s'agit là également d'un thème fondamental de l'encyclique, publiée le jour de la fête des saints Pierre et Paul, &lt;i&gt;« Caritas in veritate », &lt;/i&gt;qui a de cette façon repris et développé plus avant la question qui concerne la place théologique et concrète de la doctrine sociale de l'Eglise.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les pères synodaux ont-ils réussi à trouver la voie plutôt étroite entre une simple théorie théologique et une action politique immédiate, la voie du « pasteur » ? Dans mon bref discours en conclusion du synode, j'ai répondu par l'affirmative, de façon consciente et explicite, à cette question. Naturellement, dans l'élaboration du document post-synodal, nous devrons faire attention à maintenir cet équilibre et à offrir ainsi la contribution pour l'Eglise et la société en Afrique qui a été confiée à l'Eglise en vertu de sa mission. Je voudrais tenter d'expliquer cela brièvement à propos d'un point précis. Comme je l'ai déjà dit, le thème du synode désigne trois grandes paroles fondamentales de la responsabilité théologique et sociale : réconciliation - justice - paix. On pourrait dire que réconciliation et justice sont les deux présupposés essentiels de la paix et qu'ils définissent également dans une certaine mesure sa nature. Limitons-nous à la parole « réconciliation ». Un regard sur les souffrances et les difficultés de l'histoire récente de l'Afrique, mais également dans de nombreuses autres régions de la terre, montre que les oppositions non résolues et profondément enracinées peuvent conduire, dans certaines situations, à des explosions de violence dans lesquelles tout sens d'humanité semble avoir disparu. La paix ne peut se réaliser que si elle conduit à une réconciliation intérieure. Nous pouvons considérer comme un exemple positif d'un processus de réconciliation en voie de réussite l'histoire de l'Europe après la Deuxième Guerre mondiale. Le fait que depuis 1945, en Europe occidentale et centrale, il n'y a plus eu de guerre se fonde certainement de façon déterminante sur des structures politiques et économiques intelligentes et éthiquement encadrées, mais celles-ci n'ont pu se développer que parce qu'existaient des processus intérieurs de réconciliation, qui ont rendu possible une nouvelle coexistence. Chaque société a besoin de réconciliation, afin qu'il puisse y avoir la paix. Les réconciliations sont nécessaires pour une bonne politique, mais ne peuvent être réalisées uniquement par celle-ci. Il s'agit de processus pré-politiques et ils doivent provenir d'autres sources.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le synode a cherché à examiner en profondeur le concept de réconciliation comme devoir pour l'Eglise d'aujourd'hui, en attirant l'attention sur ses différentes dimensions. L'appel que saint Paul a adressé aux Corinthiens possède véritablement aujourd'hui une nouvelle actualité. « Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). Si l'homme n'est pas réconcilié avec Dieu, il est également en opposition avec la création. Il n'est pas réconcilié avec lui-même, il voudrait être un autre que celui qu'il est et par conséquent il n'est pas non plus réconcilié avec son prochain. En outre, la capacité de reconnaître sa faute et de demander pardon - à Dieu et à l'autre - fait partie de la réconciliation. Et enfin, la disponibilité à la pénitence, la disponibilité à souffrir jusqu'au bout pour une faute et à se laisser transformer, appartient au processus de réconciliation. Et la gratuité, dont l'encyclique &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt; parle à plusieurs reprises, en fait partie : la disponibilité à aller au-delà du nécessaire, à ne pas faire de calculs, mais à aller au-delà de ce que demandent les simples obligations juridiques. Cette même générosité avec laquelle Dieu lui-même nous a donné l'exemple en fait partie. Pensons aux paroles de Jésus : « Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère à quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande » (Mt 5, 23sq). Dieu qui savait que nous ne sommes pas réconciliés, qui voyait que nous avons quelque chose contre Lui, s'est levé et est venu à notre rencontre, bien que Lui seul ait été du côté de la raison. Il est venu à notre rencontre jusqu'à la Croix, pour nous réconcilier. Telle est la gratuité : la disponibilité à faire le premier pas. Aller les premiers à la rencontre de l'autre, lui offrir la réconciliation, assumer la souffrance que comporte le renoncement à avoir raison. Ne pas céder dans la volonté de réconciliation : c'est de cela que Dieu nous a donné l'exemple et c'est la façon de devenir semblables à Lui, une attitude dont nous avons toujours à nouveau besoin dans le monde. Nous devons aujourd'hui être en mesure d'apprendre à nouveau à reconnaître la faute, nous devons nous ôter l'illusion d'être innocents. Nous devons être en mesure d'apprendre à faire pénitence, à nous laisser transformer ; à aller à la rencontre de l'autre et à nous faire donner par Dieu le courage et la force pour un tel renouvellement. Dans notre monde d'aujourd'hui, nous devons redécouvrir le sacrement de la pénitence et de la réconciliation. Le fait que celui-ci ait en grande partie disparu des habitudes existentielles des chrétiens est le symptôme d'une perte de véracité à l'égard de nous-mêmes et de Dieu ; une perte, qui met en danger notre humanité et qui réduit notre volonté de paix. Saint Bonaventure était de l'opinion que le sacrement de la pénitence était un sacrement de l'humanité en tant que tel, un sacrement que Dieu avait déjà institué dans son essence immédiatement après le péché originel avec la pénitence imposée à Adam, même s'il n'a pu obtenir sa forme complète que dans le Christ, qui est de manière personnelle la force réconciliatrice de Dieu et qui a pris sur lui notre pénitence. En effet, l'unité entre faute, pénitence et pardon est l'une des conditions fondamentales de la véritable humanité, des conditions qui atteignent leur forme complète dans le sacrement, mais qui, à partir de leur racine, font partie du fait d'être des personnes humaines comme telles. Le synode des évêques pour l'Afrique a donc à juste titre inclus dans ses réflexions également les rituels de réconciliation de la tradition africaine comme lieux d'apprentissage et de préparation pour la grande réconciliation que Dieu donne dans le sacrement de la pénitence. Mais cette réconciliation requiert le vaste « espace » de la reconnaissance de la faute et de l'humilité de la pénitence. La réconciliation est un concept pré-politique et une réalité pré-politique, qui précisément pour cette raison est de la plus grande importance pour la tâche de la politique elle-même. Si l'on ne crée pas dans les c&#339;urs la force de la réconciliation, le présupposé intérieur manque à l'engagement politique pour la paix. Lors du synode, les pasteurs de l'Eglise se sont engagés en vue de cette purification intérieure de l'homme qui constitue la condition préliminaire essentielle à l'édification de la justice et de la paix. Mais cette purification et cette maturation intérieure vers une véritable humanité ne peuvent pas exister sans Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Le voyage en Terre sainte&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;
Réconciliation - avec cette parole-clef me revient à l'esprit le deuxième grand voyage de l'année qui s'achève : le pèlerinage en Jordanie et en Terre Sainte. A cet égard, je voudrais tout d'abord remercier cordialement le roi de Jordanie pour la grande hospitalité avec laquelle il m'a accueilli et accompagné au cours de tout le déroulement de mon pèlerinage. Ma gratitude concerne également la manière exemplaire avec laquelle il s'engage pour une coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans, pour le respect à l'égard de la religion de l'autre et pour la collaboration dans la responsabilité commune devant Dieu. Je remercie de tout c&#339;ur également le gouvernement d'Israël pour tout ce qu'il a accompli afin que ma visite puisse se dérouler pacifiquement et en toute sécurité. Je suis particulièrement reconnaissant pour la possibilité qui m'a été donnée de célébrer deux grandes liturgies publiques - à Jérusalem et à Nazareth -, où les chrétiens ont pu se présenter publiquement comme communauté de foi en Terre Sainte. Enfin, mes remerciements s'adressent à l'Autorité palestinienne qui m'a accueilli elle aussi avec une grande cordialité ; cette dernière a également rendu possible une célébration liturgique publique à Bethléem, et elle m'a permis de connaître les souffrances et les espérances de son Territoire. Tout ce que l'on peut voir dans ces pays appelle la réconciliation, la justice, la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;La visite à Yad Vashem&lt;/b&gt; a représenté une rencontre bouleversante avec la cruauté de la faute humaine, avec la haine d'une idéologie aveugle qui, sans aucune justification, a destiné des millions de personnes humaines à la mort et à travers cela, en dernière analyse, a voulu chasser du monde également Dieu, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob et le Dieu de Jésus Christ. Il s'agit donc en premier lieu d'un monument commémoratif contre la haine, d'un appel plein d'anxiété à la purification et au pardon, à l'amour. C'est précisément ce monument à la faute humaine qui a ensuite rendu d'autant plus importante la visite aux lieux de la mémoire de la foi et qui a fait percevoir leur actualité inaltérée. En Jordanie, nous avons vu le point le plus bas de la terre, près du fleuve Jourdain. Comment pourrait-on ne pas se rappeler la parole de la &lt;i&gt;Lettre aux Ephésiens&lt;/i&gt;, selon laquelle le Christ est « descendu jusqu'en bas sur la terre » (Ep 4, 9). Dans le Christ, Dieu est descendu au plus profond de l'être humain, jusque dans la nuit de la haine et de l'aveuglement, jusqu'à l'obscurité de l'éloignement de l'homme vis-à-vis de Dieu, pour y allumer la lumière de son amour. Il est présent même dans la nuit la plus profonde : même aux enfers, te voici - cette parole du &lt;i&gt;Psaume&lt;/i&gt; 139 [138], 8 est devenue une réalité dans la descente de Jésus. Ainsi, la rencontre avec les lieux du salut dans l'église de l'Annonciation à Nazareth, dans la grotte de la nativité à Bethléem, sur le lieu de la crucifixion au Calvaire, devant le sépulcre vide, témoignage de la résurrection, a été comme une manière de toucher l'histoire de Dieu avec nous. La foi n'est pas un mythe. Elle est une histoire réelle, dont on peut toucher les traces avec la main. Ce réalisme de la foi nous est particulièrement bienfaisant dans la tourmente du présent. Dieu s'est vraiment montré. En Jésus Christ, il s'est vraiment fait chair. Ressuscité, Il demeure un Homme véritable, il ouvre sans cesse notre humanité à Dieu et est toujours le garant du fait que Dieu est un Dieu proche. Oui, Dieu vit et il est en relation avec nous. Dans toute sa grandeur, il est cependant le Dieu proche, le Dieu-avec-nous, qui nous appelle sans cesse : Laissez-vous réconcilier avec moi et entre vous ! Il place toujours dans notre vie personnelle et communautaire le devoir de la réconciliation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;La cordialité tchèque&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;
Pour terminer, je voudrais encore exprimer ma reconnaissance et ma joie pour mon voyage en République tchèque. Avant ce voyage, j'ai toujours eu conscience qu'il s'agissait d'un pays avec une majorité d'agnostiques et d'athées, où les chrétiens constituent désormais seulement une minorité. Ma surprise a été d'autant plus joyeuse en constatant que j'étais partout entouré d'une grande cordialité et amitié ; que de grandes liturgies étaient célébrées dans une atmosphère joyeuse de fête ; que dans le monde des universités et de la culture ma parole recevait une vive attention ; que les autorités de l'Etat ont fait preuve à mon égard d'une grande courtoisie et ont accompli tout leur possible pour contribuer au succès de la visite. Je serais à présent tenté de dire quelque chose sur la beauté du pays et sur les magnifiques témoignages de la culture chrétienne, qui eux seuls rendent cette beauté parfaite. Mais je considère surtout important le fait que les personnes qui se considèrent agnostiques ou athées doivent également nous tenir à c&#339;ur en tant que croyants. Lorsque nous parlons d'une nouvelle évangélisation ces personnes sont peut-être effrayées. Elles ne veulent pas se voir comme faisant l'objet d'une mission, ni renoncer à leur liberté de pensée et de volonté. Mais la question de Dieu reste toutefois présente également pour elles, même si elles ne peuvent pas croire au caractère concret de son attention pour nous. A Paris, j'ai parlé de la recherche de Dieu comme du motif fondamental de la naissance du monachisme occidental et, avec celui-ci, de la culture occidentale. Comme premier pas de l'évangélisation, nous devons chercher à garder cette recherche vivante ; nous devons nous soucier que l'homme ne mette pas de côté la question de Dieu comme question essentielle de son existence. Nous devons nous soucier qu'il accepte cette question et la nostalgie qui se cache en elle. Il me vient à l'esprit une parole que Jésus reprend du prophète Isaïe, c'est-à-dire que le temple devait être une maison de prière pour tous les peuples (cf. Is 56, 7 ; Mc 11, 17). Il pensait à ce que l'on appelle la maison de prière pour toutes les nations, qu'il désencombra des activités extérieures pour qu'il y ait une place libre pour les païens qui voulaient prier là le Dieu unique, même s'ils ne pouvaient pas prendre part au mystère, auquel l'intérieur du temple était réservé. Un espace de prière pour tous les peuples - on pensait avec cela à des personnes qui ne connaissent Dieu, pour ainsi dire, que de loin ; qui sont insatisfaites de leurs dieux, de leurs rites et de leurs mythes ; qui désirent le Saint et le Grand, même si Dieu reste pour eux le « Dieu inconnu » (cf. Ac 17, 23). Ils devaient pouvoir prier le Dieu inconnu, mais cependant être ainsi en relation avec le vrai Dieu, malgré des zones d'ombre de natures diverses. Je pense que l'Eglise devrait aujourd'hui aussi ouvrir une sorte de « parvis des Gentils », où les hommes puissent d'une certaine manière s'accrocher à Dieu, sans le connaître et avant d'avoir trouvé l'accès à son mystère, au service duquel se trouve la vie interne de l'Eglise. Au dialogue avec les religions doit aujourd'hui surtout s'ajouter le dialogue avec ceux pour qui la religion est une chose étrangère, pour qui Dieu est inconnu et qui, cependant, ne voudraient pas rester simplement sans Dieu, mais l'approcher au moins comme Inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En conclusion, encore une fois, quelques mots sur l'Année sacerdotale. En tant que prêtres, nous sommes à la disposition de tous : de ceux qui connaissent Dieu de près et de ceux pour qui Il est l'Inconnu. Nous devons tous le connaître toujours à nouveau et nous devons le chercher sans cesse pour devenir de véritables amis de Dieu. Comment pourrions-nous, en définitive, arriver à connaître Dieu, si ce n'est à travers les hommes qui sont les amis de Dieu ? Le noyau le plus profond de notre ministère sacerdotal est d'être des amis du Christ (cf. &lt;i&gt;Jn&lt;/i&gt; 15, 15), des amis de Dieu, par l'intermédiaire desquels d'autres personnes également peuvent trouver la proximité de Dieu. Ainsi, en même temps que mes profonds remerciements pour toute l'aide que vous m'avez apportée tout au long de l'année, voici mon v&#339;u pour Noël : que nous devenions toujours plus des amis du Christ et donc des amis de Dieu et que, de cette manière, nous puissions être le sel de la terre et la lumière du monde. Un saint Noël et une bonne année nouvelle ! &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;bR&gt;&lt;/p&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2009-12-23T11:23:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

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		<title>« Si tu veux construire la paix, protège la création. » Message pour la journée mondiale de la paix 2010</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Si-tu-veux-construire-la-paix.html</link>
		<date>2009-12-17 18:34:36</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton573.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;393&quot; height=&quot;329&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;1.Au début de cette nouvelle année, je désire adresser mes v&#339;ux de paix les plus fervents à toutes les communautés chrétiennes, aux responsables des Nations, aux hommes et aux femmes de bonne volonté du monde entier. J'ai choisi comme thème pour cette XLIIIe Journée mondiale de la paix : &lt;i&gt;Si tu veux construire la paix, protège la création&lt;/i&gt;. Le respect de la création revêt une grande importance, car « la création est le début et le fondement de toutes les &#339;uvres de Dieu »[1] et, aujourd'hui, sa sauvegarde devient essentielle pour la coexistence pacifique de l'humanité. Si, en effet, à cause de la cruauté de l'homme envers l'homme, nombreuses sont les menaces qui mettent en péril la paix et le développement intégral authentique de l'homme - guerres, conflits internationaux et régionaux, actes terroristes et violations des droits de l'homme - les menaces engendrées par le manque d'attention - voire même par les abus - vis-à-vis de la terre et des biens naturels, qui sont un don de Dieu, ne sont pas moins préoccupantes. C'est pour cette raison qu'il est indispensable que l'humanité renouvelle et renforce « l'alliance entre l'être humain et l'environnement, qui doit être le miroir de l'amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons ».[2]&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;2. Dans l'encyclique &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, j'ai souligné que le développement humain intégral est étroitement lié aux devoirs qui découlent du &lt;i&gt;rapport de l'homme avec l'environnement naturel, &lt;/i&gt;considéré comme un don de Dieu fait à tous, dont l'exploitation comporte une commune responsabilité à l'égard de l'humanité tout entière, en particulier envers les pauvres et les générations à venir. J'ai noté, en outre, que lorsque la nature et, en premier lieu, l'être humain sont considérés simplement comme le fruit du hasard ou du déterminisme de l'évolution, la conscience de cette responsabilité risque de s'atténuer dans les esprits.[3] Au contraire, considérer la création comme un don de Dieu à l'humanité nous aide à comprendre la vocation et la valeur de l'homme. Avec le psalmiste, pleins d'émerveillement, nous pouvons proclamer en effet : « À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ? » (&lt;i&gt;Ps&lt;/i&gt; 8, 4-5). Contempler la beauté de la création nous aide à reconnaître l'amour du Créateur, Amour qui, comme l'écrit Dante Alighieri, « meut le soleil et les autres étoiles ».[4]&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;Moraliser la conscience écologique&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;3. Il y a vingt ans, en consacrant le Message de la Journée mondiale de la paix au thème &lt;i&gt;La paix avec Dieu créateur, la paix avec toute la création, &lt;/i&gt;le pape Jean-Paul II attirait l'attention sur la relation que nous avons, en tant que créatures de Dieu, avec l'univers qui nous entoure. « À l'heure actuelle, on constate - écrivait-il - une plus vive conscience des menaces qui pèsent sur la paix mondiale [...] à cause des atteintes au respect dû à la nature ». Et il ajoutait que la &lt;i&gt;conscience écologique &lt;/i&gt;ne doit pas être freinée, mais plutôt favorisée, « en sorte qu'elle se développe et mûrisse en trouvant dans des programmes et des initiatives concrets l'expression qui convient ».[5] Auparavant, d'autres parmi mes prédécesseurs avaient déjà fait allusion à la relation existant entre l'homme et l'environnement. Par exemple, en 1971, à l'occasion du quatre-vingtième anniversaire de l'encyclique &lt;i&gt;Rerum Novarum &lt;/i&gt;de Léon XIII, Paul VI avait souligné que « par une exploitation inconsidérée de la nature, (l'homme) risque de la détruire et d'être, à son tour, la victime de cette dégradation ». Et il ajoutait qu'ainsi « non seulement l'environnement matériel devient une menace permanente : pollutions et déchets, nouvelles maladies, pouvoir destructeur absolu, mais c'est le cadre humain que l'homme ne maîtrise plus, créant ainsi pour demain un environnement qui pourra lui être intolérable : problème social d'envergure qui regarde la famille humaine tout entière ».[6]&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;4. Bien qu'évitant d'entrer dans des solutions techniques spécifiques, l'Église, « experte en humanité », s'empresse de rappeler avec force l'attention sur la relation entre le Créateur, l'être humain et la création. En 1990, Jean-Paul II parlait de « crise écologique » et, en soulignant que celle-ci avait un caractère principalement éthique, il indiquait « la nécessité morale urgente d'une solidarité nouvelle ».[7] Cet appel est encore plus pressant aujourd'hui, face aux manifestations croissantes d'une crise qu'il serait irresponsable de ne pas prendre sérieusement en considération. Comment demeurer indifférents face aux problématiques qui découlent de phénomènes tels que les changements climatiques, la désertification, la dégradation et la perte de productivité de vastes surfaces agricoles, la pollution des fleuves et des nappes phréatiques, l'appauvrissement de la biodiversité, l'augmentation des phénomènes naturels extrêmes, le déboisement des zones équatoriales et tropicales ? Comment négliger le phénomène grandissant de ce qu'on appelle les « réfugiés de l'environnement » : ces personnes qui, à cause de la dégradation de l'environnement où elles vivent, doivent l'abandonner - souvent en même temps que leurs biens - pour affronter les dangers et les inconnues d'un déplacement forcé ? Comment ne pas réagir face aux conflits réels et potentiels liés à l'accès aux ressources naturelles ? Toutes ces questions ont un profond impact sur l'exercice des droits humains, comme par exemple le droit à la vie, à l'alimentation, à la santé, au développement. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;5. Toutefois, il faut considérer que la crise écologique ne peut être appréhendée séparément des questions qui s'y rattachent, étant profondément liée au concept même de développement et à la vision de l'homme et de ses relations avec ses semblables et avec la création. Il est donc sage d'opérer une &lt;i&gt;révision profonde et perspicace du modèle de développement, &lt;/i&gt;et de réfléchir également sur le sens de l'économie et de ses objectifs, pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres. L'état de santé écologique de la planète l'exige ; la crise culturelle et morale de l'homme le requiert aussi et plus encore, crise dont les symptômes sont évidents depuis un certain temps partout dans le monde.[8] L'humanité a besoin d'un &lt;i&gt;profond renouvellement culturel ; &lt;/i&gt;elle a besoin de &lt;i&gt;redécouvrir les valeurs qui constituent le fondement solide &lt;/i&gt;sur lequel bâtir un avenir meilleur pour tous. Les situations de crise qu'elle traverse actuellement - de nature économique, alimentaire, environnementale ou sociale - sont, au fond, aussi des crises morales liées les unes aux autres. Elles obligent à repenser le cheminement commun des hommes. Elles contraignent, en particulier, à adopter une manière de vivre basée sur la sobriété et la solidarité, avec de nouvelles règles et des formes d'engagement s'appuyant avec confiance et avec courage sur les expériences positives faites et rejetant avec décision celles qui sont négatives. Ainsi seulement, la crise actuelle devient-elle une &lt;i&gt;occasion de discernement et de nouvelle planification.&lt;/i&gt;&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;Le dessein d'amour du Créateur&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;6. N'est-il pas vrai qu'à l'origine de celle que nous appelons la « nature » dans son sens cosmique, il y a « un dessein d'amour et de vérité » ? Le monde « n'est pas le fruit d'une nécessité quelconque, d'un destin aveugle ou du hasard [...]. Le monde tire son origine de la libre volonté de Dieu, qui a voulu faire participer les créatures à son être, à sa sagesse et à sa bonté ».[9] Dans ses premières pages, le &lt;i&gt;Livre de la Genèse &lt;/i&gt;nous reconduit au sage projet du cosmos, fruit de la pensée de Dieu, au sommet duquel sont placés l'homme et la femme, créés à l'image et à la ressemblance du Créateur pour « remplir la terre » et pour « la soumettre » comme des « intendants » de Dieu lui-même (cf. &lt;i&gt;Gn&lt;/i&gt; 1, 28). L'harmonie entre le Créateur, l'humanité et la création, que l'Écriture Sainte décrit, a été rompue par le péché d'Adam et d'Ève, de l'homme et de la femme, qui ont désiré prendre la place de Dieu, refusant de se reconnaître comme ses créatures. En conséquence, la tâche de « soumettre » la terre, de la « cultiver et de la garder » a été altérée, et entre eux et le reste de la création est né un conflit (cf. &lt;i&gt;Gn&lt;/i&gt; 3, 17-19). L'être humain s'est laissé dominer par l'égoïsme, en perdant le sens du mandat divin, et dans sa relation avec la création, il s'est comporté comme un exploiteur, voulant exercer sur elle une domination absolue. Toutefois, la véritable signification du commandement premier de Dieu, bien mis en évidence dans le &lt;i&gt;Livre de la Genèse, &lt;/i&gt;ne consistait pas en une simple attribution d'autorité, mais plutôt en un appel à la responsabilité. Du reste, la sagesse des anciens reconnaissait que la nature est à notre disposition, non pas comme « un tas de choses répandues au hasard »,[10] alors que la Révélation biblique nous a fait comprendre que la nature est un don du Créateur, qui en a indiqué les lois intrinsèques, afin que l'homme puisse en tirer les orientations nécessaires pour « la garder et la cultiver » (cf. &lt;i&gt;Gn &lt;/i&gt;2, 15).[11] Tout ce qui existe appartient à Dieu, qui l'a confié aux hommes, mais non pour qu'ils en disposent arbitrairement. Quand, au lieu d'accomplir son rôle de collaborateur de Dieu, l'homme se substitue à Lui, il finit par provoquer la rébellion de la nature « plus tyrannisée que gouvernée par lui ».[12] L'homme a donc le devoir d'exercer un gouvernement responsable de la création, en la protégeant et en la cultivant.[13]&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;Convertir le modèle de développement&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;7. Malheureusement, on doit constater qu'une multitude de personnes, dans divers pays et régions de la planète, connaissent des difficultés toujours plus grandes à cause de la négligence ou du refus de beaucoup de veiller de façon responsable sur l'environnement. Le Concile &#339;cuménique Vatican II a rappelé que « Dieu a destiné la terre et tout ce qu'elle contient à l'usage de tous les hommes et de tous les peuples ».[14] L'héritage de la création appartient donc à l'humanité tout entière. Par contre, le rythme actuel d'exploitation met sérieusement en danger la disponibilité de certaines ressources naturelles non seulement pour la génération présente, mais surtout pour les générations futures.[15] Il n'est pas difficile dès lors de constater que la dégradation de l'environnement est souvent le résultat du manque de projets politiques à long terme ou de la poursuite d'intérêts économiques aveugles, qui se transforment, malheureusement, en une sérieuse menace envers la création. Pour contrer ce phénomène, en s'appuyant sur le fait que « &lt;i&gt;toute décision économique a une conséquence de caractère moral&lt;/i&gt; »,[16] il est aussi nécessaire que l'activité économique respecte davantage l'environnement. Quand on utilise des ressources naturelles, il faut se préoccuper de leur sauvegarde, en en prévoyant aussi les coûts - en termes environnementaux et sociaux -, qui sont à évaluer comme un aspect essentiel des coûts mêmes de l'activité économique. Il revient à la communauté internationale et aux gouvernements de chaque pays de donner de justes indications pour s'opposer de manière efficace aux modes d'exploitation de l'environnement qui lui sont nuisibles. Pour protéger l'environnement, pour sauvegarder les ressources et le climat, il convient, d'une part, d'agir dans le respect de normes bien définies, également du point de vue juridique et économique, et, d'autre part, de tenir compte de la solidarité due à ceux qui habitent les régions plus pauvres de la terre et aux générations futures.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;8. La mise en place d'une &lt;i&gt;solidarité intergénérationnelle&lt;/i&gt; loyale semble en effet urgente. Les coûts découlant de l'usage des ressources environnementales communes ne peuvent être à la charge des générations futures : « Héritiers des générations passées et bénéficiaires du travail de nos contemporains, nous avons des obligations envers tous, et nous ne pouvons nous désintéresser de ceux qui viendront agrandir après nous le cercle de la famille humaine. La solidarité universelle qui est un fait, et un bénéfice pour nous, est aussi un devoir. &lt;i&gt;Il s'agit d'une responsabilité que les générations présentes ont envers les générations à venir,&lt;/i&gt; une responsabilité qui appartient aussi aux Etats individuellement et à la communauté internationale ».[17] L'usage des ressources naturelles devrait être tel que les avantages immédiats ne comportent pas de conséquences négatives pour les êtres vivants, humains et autres, présents et futurs ; que la sauvegarde de la propriété privée ne fasse pas obstacle à la destination universelle des biens ;[18] que l'intervention de l'homme ne compromette pas la fécondité de la terre, pour le bien d'aujourd'hui et celui de demain. Au-delà d'une loyale solidarité intergénérationnelle, l'urgente nécessité morale d'une &lt;i&gt;solidarité intra-générationnelle&lt;/i&gt; renouvelée doit être réaffirmée, spécialement dans les relations entre les pays en voie de développement et les pays hautement industrialisés : « la communauté internationale a le devoir impératif de trouver les voies institutionnelles pour réglementer l'exploitation des ressources non renouvelables, en accord avec les pays pauvres, afin de planifier ensemble l'avenir ».[19] &lt;i&gt;La crise écologique montre l'urgence d'une solidarité qui se déploie dans l'espace et le temps.&lt;/i&gt; Il est en effet important de reconnaître, parmi les causes de la crise écologique actuelle, la responsabilité historique des pays industrialisés. Les pays moins développés, et en particulier les pays émergents, ne sont pas toutefois exonérés de leur propre responsabilité par rapport à la création, parce que tous ont le devoir d'adopter graduellement des mesures et des politiques environnementales efficaces. Ceci pourrait se réaliser plus facilement s'il y avait des calculs moins intéressés dans l'assistance, dans la transmission des connaissances et l'utilisation de technologies plus respectueuses de l'environnement. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;9. Il est hors de doute que l'un des points principaux que la communauté internationale doit affronter, est celui des ressources énergétiques en trouvant des stratégies communes et durables pour satisfaire les besoins en énergie de cette génération et des générations futures. A cette fin, il est nécessaire que les sociétés technologiquement avancées soient disposées à favoriser des comportements plus sobres, réduisant leurs propres besoins d'énergie et améliorant les conditions de son utilisation. Simultanément, il convient de promouvoir la recherche et l'application d'énergies dont l'impact environnemental est moindre et la « redistribution planétaire des ressources énergétiques... afin que les pays qui n'en ont pas puissent y accéder ».[20] La crise écologique offre donc une opportunité historique pour élaborer une réponse collective destinée à convertir le modèle de développement global selon une orientation plus respectueuse de la création et en faveur du développement humain intégral, s'inspirant des valeurs propres de la charité dans la vérité. Je souhaite donc l'adoption d'un modèle de développement basé sur le caractère central de l'être humain, sur la promotion et le partage du bien commun, sur la responsabilité, sur la conscience d'un changement nécessaire des styles de vie et sur la prudence, vertu qui indique les actes à accomplir aujourd'hui en prévision de ce qui peut arriver demain.[21]&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;10. Afin de conduire l'humanité vers une gestion d'ensemble plus durable de l'environnement et des ressources de la planète, l'homme est appelé à engager son intelligence dans le domaine de la recherche scientifique et technologique et dans l'application des découvertes qui en découlent. La « nouvelle solidarité » que Jean-Paul II propose dans le &lt;i&gt;Message pour la Journée mondiale de la paix de 1990,&lt;/i&gt;[22] et la « solidarité mondiale » à laquelle j'ai moi-même fait appel dans le &lt;i&gt;Message pour la Journée mondiale de la paix de 2009,&lt;/i&gt;[23] sont des attitudes essentielles pour orienter les efforts en vue de la sauvegarde de la création, par un système de gestion des ressources de la terre mieux coordonné au niveau international, surtout au moment où apparaît, de façon toujours plus évidente, la forte relation qui existe entre la lutte contre la dégradation environnementale et la promotion du développement humain intégral. Il s'agit d'une dynamique incontournable, car « le développement intégral de l'homme ne peut aller sans le développement solidaire de l'humanité ».[24] &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Nombreux sont aujourd'hui les possibilités scientifiques et les chemins d'innovation potentiels, grâce auxquels il serait possible de fournir des solutions satisfaisantes et harmonieuses à la relation de l'homme avec l'environnement. Par exemple, il faut encourager les recherches orientées vers la découverte de procédés plus efficaces pour utiliser les grandes potentialités de l'énergie solaire. Une attention soutenue doit également être portée au problème désormais planétaire de l'eau et à l'ensemble du système hydrogéologique, dont le cycle revêt une importance primordiale pour la vie sur la terre et dont la stabilité risque d'être fortement menacée par les changements climatiques. De même, des stratégies ajustées de développement rural, centrées sur les petits cultivateurs et sur leurs familles, doivent être explorées, de même il faut aussi préparer des politiques appropriées pour la gestion des forêts, pour l'élimination des déchets, pour la valorisation des synergies existantes entre l'opposition aux changements climatiques et la lutte contre la pauvreté. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;Il faut des politiques nationales ambitieuses, accompagnées par un engagement international qui apportera d'importants avantages surtout à moyen et long terme. Il est nécessaire, enfin, de sortir de la logique de la seule consommation pour promouvoir des formes de production agricole et industrielle respectueuses de l'ordre de la création et satisfaisantes pour les besoins essentiels de tous. La question écologique ne doit pas être affrontée seulement en raison des perspectives effrayantes que la dégradation environnementale dessine à l'horizon ; c'est la recherche d'une authentique solidarité à l'échelle mondiale, inspirée par les valeurs de la charité, de la justice et du bien commun, qui doit surtout la motiver. D'ailleurs, comme j'ai déjà eu l'occasion de le rappeler, « la technique n'est jamais purement technique. Elle montre l'homme et ses aspirations au développement, elle exprime la tendance de l'esprit humain au dépassement progressif de certains conditionnements matériels. &lt;i&gt;La technique s'inscrit &lt;/i&gt;donc &lt;i&gt;dans la mission de « cultiver et de garder la terre »&lt;/i&gt; (cf. &lt;i&gt;Gn&lt;/i&gt; 2, 15), que Dieu a confiée à l'homme, et elle doit tendre à renforcer l'alliance entre l'être humain et l'environnement appelé à être le reflet de l'amour créateur de Dieu ».[25]&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;&lt;b&gt;Changer de vie&lt;/B&gt;&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;11. Il apparaît toujours plus clairement que le thème de la dégradation environnementale met en cause les comportements de chacun de nous, les styles de vie et les modèles de consommation et de production actuellement dominants, souvent indéfendables du point de vue social, environnemental et même économique. Un changement effectif de mentalité qui pousse chacun à adopter de &lt;i&gt;nouveaux styles de vie&lt;/i&gt;, selon lesquels « les éléments qui déterminent les choix de consommation, d'épargne et d'investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune »,[26] devient désormais indispensable. On doit toujours plus éduquer à construire la paix à partir de choix de grande envergure au niveau personnel, familial, communautaire et politique. Nous sommes tous responsables de la protection et du soin de la création. Cette responsabilité ne connaît pas de frontières. Selon le &lt;i&gt;principe de subsidiarité&lt;/i&gt;, il est important que chacun s'engage à son propre niveau, travaillant afin que soit dépassée la suprématie des intérêts particuliers. Un rôle de sensibilisation et de formation incombe en particulier aux divers sujets de la société civile et aux organisations non-gouvernementales, qui se dépensent avec détermination et générosité à l'expansion d'une responsabilité écologique, qui devrait être toujours plus attachée au respect de « l'écologie humaine ». Il faut, en outre, rappeler la responsabilité des médias dans ce domaine en proposant des modèles positifs dont on puisse s'inspirer. S'occuper de l'environnement demande donc une vision large et globale du monde ; un effort commun et responsable pour passer d'une logique centrée sur l'intérêt nationaliste égoïste à une vision qui embrasse toujours les besoins de tous les peuples. On ne peut rester indifférents à ce qui arrive autour de nous, parce que la détérioration de n'importe quelle partie de la planète retomberait sur tous. Les relations entre les personnes, les groupes sociaux et les États, comme entre l'homme et l'environnement, sont appelées à prendre le style du respect et de la « charité dans la vérité ». Dans ce vaste contexte, il est plus que jamais souhaitable que les efforts de la communauté internationale visant à obtenir un désarmement progressif et un monde privé d'armes nucléaires - dont la seule présence menace la vie de la planète et le processus de développement intégral de l'humanité actuelle et future - se concrétisent et trouvent un consensus.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;b&gt;Attention au nouveau panthéisme&lt;bR&gt;&lt;/b&gt;&lt;bR&gt;12. &lt;i&gt;L'Église a une responsabilité vis-à-vis de la création&lt;/i&gt; et elle pense qu'elle doit l'exercer également dans le domaine public, pour défendre la terre, l'eau et l'air, dons du Dieu Créateur à tous, et, avant tout, pour protéger l'homme du danger de sa propre destruction. La dégradation de la nature est, en effet, étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine, c'est pourquoi &lt;i&gt;« quand l'&quot;écologie humaine&quot; est respectée dans la société, l'écologie proprement dite en tire aussi avantage ».&lt;/i&gt;[27] On ne peut exiger des jeunes qu'ils respectent l'environnement, si on ne les aide pas, en famille et dans la société, à se respecter eux-mêmes : le livre de la nature est unique, aussi bien à propos de l'environnement que de l'éthique personnelle, familiale et sociale.[28] Les devoirs vis-à-vis de l'environnement découlent des devoirs vis-à-vis de la personne considérée en elle-même, et en relation avec les autres. J'encourage donc volontiers l'éducation à une responsabilité écologique, qui, comme je l'ai indiqué dans l'encyclique &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, préserve une authentique « écologie humaine », et affirme ensuite avec une conviction renouvelée l'inviolabilité de la vie humaine à toutes ses étapes et quelle que soit sa condition, la dignité de la personne et la mission irremplaçable de la famille, au sein de laquelle on est éduqué à l'amour envers le prochain et au respect de la nature.[29] Il faut sauvegarder le patrimoine humain de la société. Ce patrimoine de valeurs a son origine et est inscrit dans la loi morale naturelle, qui est à la base du respect de la personne humaine et de la création.&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;13. Enfin, un fait hautement significatif à ne pas oublier est que beaucoup trouvent la tranquillité et la paix, se sentent renouvelés et fortifiés, lorsqu'ils sont en contact étroit avec la beauté et l'harmonie de la nature. Il existe donc une sorte de réciprocité : si nous prenons soin de la création, nous constatons que Dieu, par l'intermédiaire de la création, prend soin de nous. Par ailleurs, une conception correcte de la relation de l'homme avec l'environnement ne conduit pas à absolutiser la nature ni à la considérer comme plus importante que la personne elle-même. Si le Magistère de l'Église exprime sa perplexité face à une conception de l'environnement qui s'inspire de l'éco-centrisme et du bio-centrisme, il le fait parce que cette conception élimine la différence ontologique et axiologique qui existe entre la personne humaine et les autres êtres vivants. De cette manière, on en arrive à éliminer l'identité et la vocation supérieure de l'homme, en favorisant une vision égalitariste de la « dignité » de tous les êtres vivants. On se prête ainsi à un nouveau panthéisme aux accents néo-païens qui font découler le salut de l'homme de la seule nature, en son sens purement naturaliste. L'Église invite au contraire à aborder la question de façon équilibrée, dans le respect de la « grammaire » que le Créateur a inscrite dans son &#339;uvre, en confiant à l'homme le rôle de gardien et d'administrateur responsable de la création, rôle dont il ne doit certes pas abuser, mais auquel il ne peut se dérober. En effet, la position contraire qui absolutise la technique et le pouvoir humain, finit par être aussi une grave atteinte non seulement à la nature, mais encore à la dignité humaine elle-même.[30] &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;14. &lt;i&gt;Si tu veux construire la paix, protège la création. &lt;/i&gt;La recherche de la paix de la part de tous les hommes de bonne volonté sera sans nul doute facilitée par la reconnaissance commune du rapport indissoluble qui existe entre Dieu, les êtres humains et la création tout entière. Les chrétiens, illuminés par la Révélation divine et suivant la Tradition de l'Église, offrent leur contribution propre. Ils considèrent le cosmos et ses merveilles à la lumière de l'&#339;uvre créatrice du Père et rédemptrice du Christ qui, par sa mort et sa résurrection, a « tout réconcilié [...] sur la terre et dans les cieux » (&lt;i&gt;Col &lt;/i&gt;1, 20) avec Dieu. Le Christ, crucifié et ressuscité, a fait don à l'humanité de son Esprit sanctificateur, qui conduit le cours de l'histoire, dans l'attente du jour où le retour glorieux du Seigneur inaugurera « un ciel nouveau et une terre nouvelle » (&lt;i&gt;2 P &lt;/i&gt;3, 13) où résideront pour toujours la justice et la paix. Toute personne a donc le devoir de protéger l'environnement naturel pour construire un monde pacifique. C'est là un défi urgent à relever par un engagement commun renouvelé. C'est aussi une opportunité providentielle pour offrir aux nouvelles générations la perspective d'un avenir meilleur pour tous. Que les responsables des nations et tous ceux qui, à tous les niveaux, prennent à c&#339;ur les destinées de l'humanité en soient conscients : la sauvegarde de la création et la réalisation de la paix sont des réalités étroitement liées entre elles ! C'est pourquoi, j'invite tous les croyants à élever leur fervente prière vers Dieu, Créateur tout-puissant et Père miséricordieux, afin qu'au c&#339;ur de tout homme et de toute femme résonne, soit accueilli et vécu cet appel pressant : &lt;i&gt;Si tu veux construire la paix, protège la création. &lt;/i&gt;&lt;bR&gt;&lt;i&gt;Du Vatican, le 8 décembre 2009. &lt;/i&gt;&lt;bR&gt;&lt;br&gt;&lt;bR&gt;BENEDICTUS PP. XVI&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;[1]&#8194;Catéchisme de l'Église Catholique, n. 198. &lt;bR&gt;[2]Benoit XVI,&#8194; Message pour la Journée Mondiale de la Paix, 2008, n.7. &lt;bR&gt;[3]Cf. n. 48.&#8194; &lt;bR&gt;[4]La Divine Comédie, Paradis, XXXIII, 145.&#8194; &lt;bR&gt;[5]&#8194;Message pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 1990, n. 1. &lt;bR&gt;[6]Lett. apost.&#8194; &lt;i&gt;Octogesima adveniens&lt;/i&gt;, n.21. &lt;bR&gt;[7]&#8194;Message pour la Journée Mondiale de la Paix, n.10. &lt;bR&gt;[8]Cf. Benoît XVI, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, n. 32. &lt;bR&gt;[9]&#8194;Catéchisme de l'Église Catholique, n. 295. &lt;bR&gt;[10]&#8194; Héraclite d'Éphèse (535 av. JC env. - 475 av. JC env. ) Fragment 22B124, in H. Diels-W. Kranz, Die Fragmente der Vorsokratiker,Weidmann, Berlin 19526. &lt;bR&gt;[11]Cf. Benoît XVI, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, n. 48. &lt;bR&gt;[12]Jean-Paul II, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Centesimus annus&lt;/i&gt;, n. 37. &lt;bR&gt;[13]Cf. Benoît XVI, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, n. 50. &lt;bR&gt;[14]Const. Past.&#8194; &lt;i&gt;Gaudium et Spes&lt;/i&gt;, n.69. &lt;bR&gt;[15]Cf. Jean-Paul II, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Sollecitudo rei socialis&lt;/i&gt;, n. 34. &lt;bR&gt;[16]Benoît XVI, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, n. 37. &lt;bR&gt;[17]Conseil pontifical Justice et Paix,&#8194; Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise, n. 467. Cf. Paul VI, Lett. enc. &lt;i&gt;Populorum progressio&lt;/i&gt;, n. 17. &lt;bR&gt;[18]Cf. Jean-Paul II, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Centesimus annus&lt;/i&gt;, nn. 30-31, 43. &lt;bR&gt;[19]Benoît XVI, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, n. 49 &lt;bR&gt;[20]&#8194;Ibid. &lt;bR&gt;[21]Cf. Saint Thomas d'Aquin, S. Th., II.II, q. 49, 5.&#8194; &lt;bR&gt;[22]Cf. n. 9.&#8194; &lt;bR&gt;[23]Cf. n. 8.&#8194; &lt;bR&gt;[24]Paul VI, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Populorum progressio&lt;/i&gt;, n. 43. &lt;bR&gt;[25]Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, n. 69. &lt;bR&gt;[26]Jean-Paul II, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Centesimus annus&lt;/i&gt;, n. 36. &lt;bR&gt;[27]Benoît XVI, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, n. 51. &lt;bR&gt;[28]Cf. Ibid. , nn. 15, 51.&#8194; &lt;bR&gt;[29]Cf. Ibid., nn. 28, 51, 61 ;Jean -Paul II, Lett. Enc.&#8194; &lt;i&gt;Centesimus annus&lt;/i&gt;, nn. 38, 39. &lt;bR&gt;[30]Cf. Benoît XVI, Lett. enc.&#8194; &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, n. 70. &lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;&lt;bR&gt;</description>
		<author></author>
		<dc:date>2009-12-17T17:34:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator></dc:creator>
		

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		<title>Le défi des enfants réfugiés. Message pour la Journée du migrant 2011</title>
		<link>http://www.generation-benoitxvi.com/Le-defi-des-enfants-refugies.html</link>
		<date>2009-11-30 17:05:28</date>
		<description>&lt;img src=&quot;http://www.generation-benoitxvi.com/IMG/arton572.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align='right' width=&quot;140&quot; height=&quot;105&quot; style='border-width: 0px;' class='spip_logos' /&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;
Chers frères et s&#339;urs,&lt;br&gt;
La célébration de la Journée mondiale du migrant et du réfugié m'offre à nouveau l'occasion de manifester la sollicitude constante que l'Eglise nourrit à l'égard de ceux qui vivent, de différentes façons, l'expérience de l'émigration. Il s'agit d'un phénomène qui, comme je l'ai écrit dans l'encyclique &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;, impressionne en raison du nombre de personnes concernées, des problématiques sociales, économiques, politiques, culturelles et religieuses qu'il soulève, des défis dramatiques qu'il présente aux communautés nationales et à celle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le migrant est une personne humaine avec des droits fondamentaux inaliénables, qui doivent toujours être respectés par tous (cf. n. 62). Le thème de cette année - « Les migrants et les réfugiés mineurs » - touche un aspect que les chrétiens considèrent avec une profonde attention, se souvenant de l'avertissement du Christ, qui, lors du jugement dernier, considérera comme se référant à lui tout ce qui a été fait ou nié « à un seul de ces plus petits » (cf. Mt 25, 40.45). Et comment ne pas considérer parmi les « plus petits » également les mineurs migrants et réfugiés ? Jésus lui-même, lorsqu'il était enfant, a vécu l'expérience du migrant car, comme le rapporte l'Evangile, pour fuir aux menaces d'Hérode, il dut se réfugier en Egypte avec Joseph et Marie (cf. Mt 2, 14).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un grand nombre d'enfants abandonnés&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la Convention des droits de l'enfant affirme clairement qu'il faut toujours protéger l'intérêt du mineur (cf. art. 3), auquel doivent être reconnus les droits fondamentaux de la personne au même titre que l'adulte, malheureusement, dans la réalité, cela n'est pas toujours le cas. En effet, tandis que croît dans l'opinion publique la conscience de la nécessité d'une action ponctuelle et incisive pour protéger les mineurs, dans les faits, un grand nombre d'entre eux sont laissés à l'abandon, et se retrouvent de diverses façons exposés au risque de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II s'est fait l'interprète de la condition dramatique dans laquelle ils se trouvent, dans le message envoyé le 22 septembre 1990 au secrétaire général des Nations-unies, à l'occasion du Sommet mondial pour les Enfants. « Je suis témoin - écrivit-il - de la condition bouleversante de millions d'enfants dans tous les continents. Ils sont très vulnérables parce qu'ils sont les moins capables de faire entendre leur voix » &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;(Insegnamenti&lt;/i&gt;, XIII, 1990, p. 672). Je souhaite de tout c&#339;ur que l'on réserve la juste attention aux migrants mineurs, qui ont besoin d'un milieu social qui permette et favorise leur développement physique, culturel, spirituel et moral. Vivre dans un pays étranger sans points de référence effectifs leur crée, en particulier à ceux qui sont privés du soutien de la famille, d'innombrables et parfois graves problèmes et difficultés.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un aspect propre à la migration des mineurs est constitué par la situation des jeunes nés dans les pays d'accueil ou de celle des enfants qui ne vivent pas avec leurs parents émigrés après leur naissance, mais qui les rejoignent par la suite. Ces adolescents font partie de deux cultures avec les avantages et les problématiques liés à leur double appartenance, une condition qui offre toutefois la possibilité de faire l'expérience de la richesse de la rencontre entre différentes traditions culturelles. Il est important qu'il leur soit donnée la possibilité de fréquenter l'école et de s'insérer ensuite dans le monde du travail, et que l'on facilite leur intégration sociale grâce à des structures éducatives et sociales adéquates. Il ne faut jamais oublier que l'adolescence représente une étape fondamentale pour la formation de l'être humain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une catégorie particulière de mineurs est celle des réfugiés qui demandent l'asile, fuyant pour diverses raisons leur pays, où ils ne reçoivent pas de protection adéquate. Les statistiques révèlent que leur nombre est en augmentation. Il s'agit donc d'un phénomène qu'il faut étudier avec attention et affronter à travers des actions coordonnées, des mesures de prévention, de protection et d'accueil appropriées, selon ce que prévoit également la Convention des droits de l'Enfant elle-même (cf. art. 22).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un défi social et pastoral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je m'adresse à présent en particulier aux paroisses et aux nombreuses associations catholiques qui, animées par un esprit de foi et de charité, accomplissent de grands efforts pour répondre aux nécessités de nos frères et s&#339;urs. Tandis que j'exprime ma gratitude pour ce qui est accompli avec une grande générosité, je voudrais inviter tous les chrétiens à prendre conscience du défi social et pastoral que représente la condition des mineurs migrants et réfugiés. Dans notre c&#339;ur retentissent à nouveau les paroles de Jésus : « J'étais un étranger et vous m'avez accueilli » (Mt 25, 35), ainsi que le commandement central qu'Il nous a laissé : aimer Dieu de tout notre c&#339;ur, de toute notre âme et de tout notre esprit, mais uni à l'amour du prochain (cf. Mt 22, 37-39).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela nous conduit à considérer que chacune de nos interventions concrètes doit se nourrir avant tout de foi dans l'action de la grâce et de la Providence divine. De cette façon, l'accueil et la solidarité envers l'étranger, en particulier s'il s'agit d'enfants, devient également annonce de l'Evangile de la solidarité.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Eglise le proclame lorsqu'elle ouvre ses bras et &#339;uvre afin que soient respectés les droits des migrants et des réfugiés, en encourageant les responsables des nations, des organisations et des institutions internationales, afin qu'ils promeuvent des initiatives en leur faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que la bienheureuse Vierge Marie veille maternellement sur tous et qu'elle nous aide à comprendre les difficultés de ceux qui sont loin de leur patrie. J'assure de ma prière tous ceux qui sont engagés dans le vaste monde des migrants et des réfugiés, et je donne de tout c&#339;ur ma Bénédiction apostolique.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du Vatican, le 16 octobre 2009&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;BENEDICTUS PP. XVI&lt;/p&gt;</description>
		<author>S.S. Benoit XVI</author>
		<dc:date>2009-11-30T16:05:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S.S. Benoit XVI</dc:creator>
		

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